Carnaval – Ray Celestin

Chronique :

Ce livre me fait de l’œil depuis plusieurs mois maintenant. Je dois avouer que je l’ai acheté car j’aimais bien la couverture et que j’aime beaucoup l’ambiance qui se dégage en générale des histoires se déroulant à la Nouvelle Orléans. Aujourd’hui je vais donc vous parler de Carnaval qui est le premier opus de la saga Michael Talbot et Ida Davies. C’est parti pour la Nouvelle-Orléans dans une ambiance de jazz, avec pour toile de fond le bayou et un soupçon de vaudou. Carnaval

Pour planter le décor, il s’agit d’une histoire inspirée de faits réels. Ray Celestin s’est inspiré du tueur à la hache (qui a terrorisé la ville de la Nouvelle Orléans en 1918), et il pousse d’ailleurs la vraisemblance jusqu’à reproduire au début du roman une lettre supposée être du tueur, que les journaux avaient reçu à l’époque. Dans Carnaval, il nous propose sa version de cette histoire non résolue. Et pour cette enquête, nous n’allons pas suivre uniquement la police mais tout un panel de personnages dont les chemins vont s’entrecroiser tout au long du récit.
Nous suivons donc Michael un lieutenant du département de La Nouvelle-Orléans. Lucas, un ancien flic qui sort de prison et travaille pour la mafia. Ida secrétaire pour l’agence de détective privé Pinkerton, qui rêve de devenir elle-même détective. Et un journaliste plongé dans les méfaits de l’opium et aux rêves brisés. Les protagonistes s’entrecroisent et ajoutent leur pierre à l’enquête à leur façon, c’est ensuite à nous lecteur de reconstituer le tableau d’ensemble. Et, même si l’intrigue est passée un peu au second plan par rapport à l’ambiance elle-même, il faut admettre qu’elle est bien ficelée. Carnaval est un thriller captivant, mais c’est également un thriller historique qui nous permet de nous fondre dans la Nouvelle-Orléans des années 20, de découvrir les problèmes de ségrégation raciale, de la rivalité ethnique, et de l’emprise de la mafia ainsi que les guerres de pouvoirs et de manipulations qu’elle engendre. L’ambiance particulière qui se dégage de la Nouvelle-Orléans est, selon l’image que je m’en fais, unique en son genre, remplie de musique, de mystère et de magie. En tant que grand fan de James Bond, je me voyais un peu dans  » Vivre et laisser mourir » le premier Bond avec Roger Moore. D’ailleurs j’ai eu l’impression de suivre un film plutôt qu’un livre.

Les personnages ne sont pas caricaturés, ils sont plutôt bien pensés, avec leurs qualités, et leurs défauts. L’intrigue évolue tranquillement pour nous permettre de bien appréhender les protagonistes et de nous impliquer nous-même dans cette investigation. L’originalité du livre tient aussi du fait que l’enquête n’évolue pas selon un seul schéma. En plus de vouloir découvrir le fin mot de l’histoire, nous avons envie de savoir qui va parvenir à résoudre cette affaire.

J’ai vraiment passé un super moment de lecture avec ce roman et je ne pouvais personnellement rêver meilleur mélange . J’ai hâte de lire la suite des aventures de Michael Talbot & Ida Davies dans Mascarade qui nous plonge dans le Chicago de l’entre deux-guerres avec Al Capone en figure centrale.

Résumé de l’éditeur :

Au coeur du Sud profond, La Nouvelle-Orléans, construite sur des marécages en dessous du niveau de la mer, a toujours été aux prises avec tornades, inondations et épidémies de toutes sortes. La nature du sol en fait une cité qui s’affaisse, où les morts ne peuvent être enterrés. Alligators, serpents, araignées hantent ses marais. Nombre de menaces ont toujours plané au-dessus de la ville. Et pourtant…
Lorsqu’en 1919 un tueur en série s’attaque à ses habitants en laissant sur les lieux de ses crimes des cartes de tarot, la panique gagne peu à peu. On évoque le vaudou. Les victimes étant siciliennes, les rivalités ethniques sont exacerbées. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, une jeune secrétaire de l’agence Pinkerton, Ida, et un ancien policier tout juste sorti de prison, Luca D’Andrea, vont tenter de résoudre l’affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets… Alors qu’un ouragan s’approche de la ville, le tueur, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche.

Ray Celestin – Carnaval (Editions Le Cherche Midi 2015), (Editions 10/18 Grands détectives 2016) traduit de l’anglais par Jean Szlamowicz.

Son titre original est « The Axeman’s jazz » (2014).

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L’Âme du Mal – Maxime Chattam

Chronique :

Bien évidemment je ne vais pas vous présenter Maxime Chattam. Mais c’est de son premier livre L’Âme du Mal que je vais vous parler aujourd’hui. L’un de ses plus connus d’ailleurs, le premier opus de sa fameuse Trilogie du Mal. C’est parti en direction de Portland la plus grande ville de l’Oregon situé au Nord-Ouest des Etats-Unis.

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Ca commence par un prologue qui se passe dans les années 80 et qui a l’air de n’avoir aucun rapport avec le reste. S’ensuit une première enquête avec Juliette Lafayette et Joshua Brolin, qui est très rapidement résolu, c’est vraiment surprenant. J’avoue que je me suis dit waouh mais il a écrit quoi dans le reste du livre, comment il va remplir les 450 pages restantes…
Des meurtres ont lieu et on découvre qu’ils ont la même signature et le même modus operandi. Et lorsqu’un tueur en série sévit à Portland, c’est Joshua Brolin, inspecteur-profileur, qui s’en charge.  Il va être confronté à différentes enquêtes et va enfin pouvoir réellement exercer ses talents de profiler. L’intrigue nous plonge dans une toile complexe que nous tachons de démêler avec Brolin tout au long du livre, qui va parfois nous faire frôler le surnaturel, donnant une ambiance encore plus sombre à l’histoire. L’intrigue m’a de suite attiré, car je m’intéresse beaucoup à tout ce qui touche les tueurs en série (fictifs ou non) et le profiling. J’ai été happée par l’histoire du début à la fin.

Maxime Chattam a suivi des cours de criminologie et ça se sent, tout semble si réel, tellement plausible que ça en devient presque effrayant. Les descriptions sont complètes et les explications de certaines procédures, qu’il s’agisse de la police ou de l’aspect médico-légal sont brillantes. J’ai adoré le personnage principal, Joshua Brolin. Son empathie, atout principal de son métier de profiler. A travers lui, l’auteur nous décrit la psychologie du tueur de façon immersive et profonde. Ce tueur en série vous glace le sang, lorsqu’on découvre les cadavres, on imagine le calvaire des victimes.

Honnêtement pour ma part, je n’ai relevé aucun défaut dans ce livre, il est vraiment très proche de la perfection. L’Âme du Mal est un gros coup de cœur. C’est avec plaisir que je vais me plonger dans la suite de cette trilogie.

Résumé de l’éditeur :

Pas plus que sa jeune acolyte, le profileur Brolin ne pense que les serial killers reviennent d’outre-tombe. Fût-il le bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper.
Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d’une secte? Pure sauvagerie ou magie noire?
Brolin a peur.

Cette affaire dépasse tout ce qu’on lui a enseigné. S’immerger complètement dans la psychologie d’un monstre, le comprendre afin de prévoir ses crimes, devenir son double, tels sont les moindres risques de son métier. Peut-on impunément prêter son âme au mal ?

 

Maxime Chattam – L’Âme du mal (Michel Lafon 2002), (Pocket 2003, 2013).

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Le Tueur intime – Claire Favan

 -Chronique :

C’est la première fois que je lis un livre de Claire Favan et quelle première ! J’ai choisi de commencer par son tout premier livre « Le Tueur intime » premier opus d’un diptyque consacré à Will Edwards. Nous voici donc parti en direction de Rogers, une petite ville situé dans l’Arkansas, où nous allons suivre les pas d’un tueur en série.

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Dans « Le Tueur intime », Claire Favan nous plonge dans les méandres de la pensée d’un tueur en série. On va suivre son évolution de l’adolescence à sa vie de prédateur. Alors qu’il n’est encore qu’un adolescent craintif et peu sûr de lui, Will Edwards subit moqueries et agressions à l’école, ainsi que des viols de la part de son père. Un beau jour, Samantha une belle jeune fille, veut lui venir en aide sans savoir qu’elle sera l’élément déclencheur de sa folie meurtrière. Car Will va beaucoup changer, bien des années plus tard, il est devenu un séduisant et méticuleux tueur en série ne laissant aucune trace sur son passage. Sa personnalité froide et violente font de cet homme un vrai monstre. Le FBI piétine, les recherches ne mènent à rien. Les deux profilers font fausse route. Mais l’arrivée d’un nouveau profiler prénommé R.J., va leur permettre d’avancer dans la bonne direction.

Les personnages sont très bien travaillés. L’écriture de la personnalité de Will est parfaite, on est vraiment plongé dans la tête d’un tueur en série. À côté de Will Edwards, Samantha et RJ le profiler reprenant l’enquête, sont tout aussi bon. Claire Favan nous malmène tout au long de son livre, honnêtement il faut s’accrocher devant tant de violences physique et psychologique qui offrent des scènes parfois à la limite du supportable.

Vous l’avez compris, ce livre est un vrai coup de cœur ! C’est très judicieux de nous offrir ainsi la naissance d’un tueur en série. Sérieusement si vous n’avez pas encore lu ce livre foncez, j’ai rarement lu un thriller aussi bon. En plus c’est son premier livre…. Alors que dire, appart que non Claire ça ne se voit pas que vous n’avez jamais mis un pied aux USA et que vous n’avez jamais pris un seul cours de psychologie ou criminologie. J’ai hâte de retrouver Will, RJ et Samantha dans « Le tueur de l’ombre ».

Résumé de l’éditeur :

À quinze ans, Will a déjà conscience de sa différence. Solitaire, maltraité, il jette son dévolu sur une de ses camarades de classe. Ce qui n’aurait dû rester qu’une banale amourette devient une véritable obsession pour celui qui se révèle déjà comme un prédateur redoutable. Car Will est un tueur en série en devenir qui se construit pas à pas. Lorsqu’il estime le temps venu de livrer ses victimes au monde, il part sur les routes des États-Unis. Sa signature déroutante ne tarde pas à attirer l’attention du FBI. Pourtant, l’enquête de l’unité spéciale s’enlise. Un nouveau profiler, RJ, arrive alors en renfort dans l’équipe. Tous les espoirs reposent sur lui pour démêler les mises en scène de ce tueur diabolique.

Claire Favan – Le Tueur intime (Editions Les Nouveaux auteurs 2010), (Editions Points 2011)

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Seul le silence – R.J. Ellory

Chronique :

Seul le silence était dans ma PAL depuis plus d’un an déjà. Je découvre donc pour la première fois R.J. Ellory, auteur britannique très célèbre. C’est parti en direction d’Augusta Falls dans l’Etat de Géorgie aux Etats-Unis. Seul le silence est narré par une seule personne – Joseph Vaughan – que l’on suivra pendant plus de 30 ans. Seul_le_silence

Seul le silence nous raconte l’histoire du jeune écrivain en herbe, Joseph Vaughan, qui en 1939 est âgé de 12 ans. Il perd son père et se retrouve seul avec sa mère dont il est très proche, dans une petite ville américaine de Géorgie, Augusta Falls. Peu de temps après une fillette est retrouvé tuée, violée et mutilée aux abords de la ville… Cette série continuera pendant des années. Des fillettes âgées entre huit et douze ans assassinées dans d’horribles circonstances. A l’heure où tout les habitants d’Augusta Falls et des comtés voisins sont effrayés par cette histoire, lui voudrait pouvoir protéger ces petites filles. Il cherchera à découvrir qui pourrait être le coupable, sans succès. Ni lui, ni le shérif de sa ville, ni les shérifs des comtés voisins, ni tout ceux qui seront appelés de tout l’état par la suite ne trouveront ce tueur qui perpétue ces atrocités. Les crimes semblent s’arrêter après le départ de son voisin Gunther Kruger, pour reprendre de plus belle dans d’autres comtés de Géorgie. Joseph cherche à tourner la page et part à 18 ans pour New-York afin de devenir écrivain… Mais rien n’est vraiment terminé, et bientôt son passé va de nouveau le rattraper… Une histoire qui le hantera toute sa vie…

Qui peut rester insensible face à cette enfance abîmée et déchirée par la mort d’un père, la guerre, un meurtrier et des désillusions en tout genre… La plume de R. J. Ellory est vraiment extraordinaire. L’auteur se place dans la peau de ce jeune homme et nous livre son histoire comme un témoignage, comme si Joseph était là et nous contait sa dramatique histoire.

Ce roman est un petit chef d’oeuvre de noirceur. Laissez-vous emporter par ce livre plein de finesse où vous allez ressentir le contraste entre la légèreté du style d’Ellory et la noirceur de ce qui est décrit. C’est splendide. Un vrai coup de cœur !

Résumé de l’éditeur :

Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l’affaire semble enfin élucidée, Joseph s’installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d’enfants se multiplient… Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, R. J. Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu’il met en jeu.

R.J. Ellory – Seul le silence (Editions Sonatine 2008), (Livre de Poche 2009, 2011), (Editions France Loisirs 2012) traduit de l’anglais par Fabrice Pointeau.

Son titre original est « A quiet belief in angels » (2007).

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La Chambre d’ami – James Lasdun

Chronique :

C’est le premier roman que je lis de cet auteur. La Chambre d’ami de James Lasdun, nous emmène aux USA dans la ville d’Aurelia. Cela ressemble à un huis clos avec trois personnages principaux. chambre-dami-L-QFZOHr

On fait la connaissance de Charlie, mari de Chloé, qui invite son cousin Matthew à passer tout l’été dans leur luxueuse villa situé dans les montagnes des Catskill dans l’Etat de New-York. Charlie est un riche banquier à qui tout semble réussir et ayant pleins de projets. Matthew lui, est un cuisinier très doué mais n’a aucune ambition sociale et il semble un peu perdu. Chloé la femme de Charlie est une femme raffinée et séduisante ancienne photographe et passionnée de yoga. Elle s’entend très bien avec Matthew avec qui elle affiche une grande complicité. Même si ce dernier à des sentiments un peu plus confus envers elle. Leur cohabitation très saine au début va vite devenir plus pesante, tendu au fur et à mesure que l’été avance. Chacun va faire des découvertes sur l’autre, chacun va se sentir trahit et incompris. Les mensonges, les disputes et les trahisons vont s’intensifier. Lorsque Matthew fera la découverte de trop, les masques vont tomber petit à petit et le passé va ressurgir brutalement.

L’intrigue est très longue à se mettre en place, on a du mal à rentrer dedans. Je n’ai pas été convaincu par la première partie du roman. Après cela s’arrange et la lecture devient plus prenante, l’atmosphère est sombre et pesante. Le rythme est lent, mais l’écriture est fluide et dense.

Dans ce roman on est finalement tellement manipulé par l’auteur qu’on en vient à se demander qui est vraiment fautif, quels sont les torts de chacun, on en sait trop rien. On ne sais même pas à quel dénouement s’attendre. Au final j’ai moyennement apprécié ce roman.

Résumé de l’éditeur :

Imaginez un cadre de rêve : une luxueuse résidence d’été au milieu des montagnes.
Placez-y un trio de personnages troubles : Charlie, un riche banquier new-yorkais, sa femme Chloé et Matthew, le cousin de Charlie, un cuisinier dont l’existence part un peu à la dérive.
Le décor est posé, les pièces sur l’échiquier. En dire plus serait criminel.
Passion, drame, trahison, adultère, meurtre : rien ne manquera à votre plaisir.

Avec cette peinture d’un couple bourgeois qui, sous des apparences parfaites, recèle bien des secrets et des mensonges, James Lasdun évoque à la fois les univers de Françoise Sagan, de Claude Chabrol et de Patricia Highsmith. Autant dire que le suspense, l’intelligence et le plaisir sont au rendez-vous de ce roman aux rebondissements multiples, où chacun est à la fois coupable et victime de sa nature profonde. Un délice.

James Lasdun – La Chambre d’ami (Sonatine 09/03/2017) traduit de l’anglais par  Claude et Jean Demanuelli.

Son titre original est « The Fall Guy » (2016).

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