L’Âme du Mal – Maxime Chattam

Chronique :

Bien évidemment je ne vais pas vous présenter Maxime Chattam. Mais c’est de son premier livre L’Âme du Mal que je vais vous parler aujourd’hui. L’un de ses plus connus d’ailleurs, le premier opus de sa fameuse Trilogie du Mal. C’est parti en direction de Portland la plus grande ville de l’Oregon situé au Nord-Ouest des Etats-Unis.

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Ca commence par un prologue qui se passe dans les années 80 et qui a l’air de n’avoir aucun rapport avec le reste. S’ensuit une première enquête avec Juliette Lafayette et Joshua Brolin, qui est très rapidement résolu, c’est vraiment surprenant. J’avoue que je me suis dit waouh mais il a écrit quoi dans le reste du livre, comment il va remplir les 450 pages restantes…
Des meurtres ont lieu et on découvre qu’ils ont la même signature et le même modus operandi. Et lorsqu’un tueur en série sévit à Portland, c’est Joshua Brolin, inspecteur-profileur, qui s’en charge.  Il va être confronté à différentes enquêtes et va enfin pouvoir réellement exercer ses talents de profiler. L’intrigue nous plonge dans une toile complexe que nous tachons de démêler avec Brolin tout au long du livre, qui va parfois nous faire frôler le surnaturel, donnant une ambiance encore plus sombre à l’histoire. L’intrigue m’a de suite attiré, car je m’intéresse beaucoup à tout ce qui touche les tueurs en série (fictifs ou non) et le profiling. J’ai été happée par l’histoire du début à la fin.

Maxime Chattam a suivi des cours de criminologie et ça se sent, tout semble si réel, tellement plausible que ça en devient presque effrayant. Les descriptions sont complètes et les explications de certaines procédures, qu’il s’agisse de la police ou de l’aspect médico-légal sont brillantes. J’ai adoré le personnage principal, Joshua Brolin. Son empathie, atout principal de son métier de profiler. A travers lui, l’auteur nous décrit la psychologie du tueur de façon immersive et profonde. Ce tueur en série vous glace le sang, lorsqu’on découvre les cadavres, on imagine le calvaire des victimes.

Honnêtement pour ma part, je n’ai relevé aucun défaut dans ce livre, il est vraiment très proche de la perfection. L’Âme du Mal est un gros coup de cœur. C’est avec plaisir que je vais me plonger dans la suite de cette trilogie.

Résumé de l’éditeur :

Pas plus que sa jeune acolyte, le profileur Brolin ne pense que les serial killers reviennent d’outre-tombe. Fût-il le bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper.
Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d’une secte? Pure sauvagerie ou magie noire?
Brolin a peur.

Cette affaire dépasse tout ce qu’on lui a enseigné. S’immerger complètement dans la psychologie d’un monstre, le comprendre afin de prévoir ses crimes, devenir son double, tels sont les moindres risques de son métier. Peut-on impunément prêter son âme au mal ?

 

Maxime Chattam – L’Âme du mal (Michel Lafon  2002), (Pocket 2003, 2013).

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Le Chuchoteur – Donato Carrisi

Chronique :

Depuis le temps que j’entends parler de Donato Carrisi, et de sa fameuse saga Mila Vasquez, je me suis dit qu’il fallait bien que je la lise. J’ai donc tout naturellement commencé par le premier opus Le Chuchoteur. C’est parti pour l’Italie. le_chuchoteur

La narration prend trois formes différentes : des échanges écrits entre un directeur de prison et le bureau du procureur à propos d’un détenu dont l’identité est inconnue; l’enquête sur la disparition de cinq fillettes et les pensées d’une petite fille séquestrée et non identifiée. Dès le début du roman, on est dans l’ambiance: cinq fosses découvertes, cinq bras gauches d’enfants à l’intérieur. Et justement, cinq fillettes déclarées disparues dernièrement. Mais il y a cette sixième fosse avec ce sixième bras gauche… Mila Vasquez experte dans les affaires d’enlèvements d’enfants, est appelée à la rescousse concernant la disparition d’une fillette dont on ne sait rien. Mila est une écorchée vive, ébranlée par les horreurs dont elle a été le témoin, elle met un point d’honneur à sauver coûte que coûte chaque victime et n’hésite pas à marquer dans sa chair ses échecs. Cependant elle agit parfois avec inconscience et semble assez fragile psychologiquement.
Goran Gavilla le criminologue chargé de l’affaire, n’est pas de la police mais la tête pensante de l’équipe. Le mentor sur qui les membres de l’équipe s’appuient. Il sait beaucoup de chose sur les tueurs en série et n’hésite pas à instruire son équipe ainsi que le lecteur.

Donato Carrisi nous manipule jusqu’à la toute fin de son thriller. Il tisse une sorte d’immense toile d’araignée avec au centre la trouvaille des cinq fosses dans une clairière. Il a réussi à créer cinq enquêtes autour d’une seule. La liaison entre toutes les enquêtes est accrocheuse et nous tient en haleine jusqu’à la dernière ligne du livre. Sans aucune longueur, il nous fait suivre une enquête pleine de surprises. J’ai beaucoup apprécié que l’on sente la patte d’une personne qui connaît bien les rouages de la justice, notamment de la psychologie des tueurs en série. L’aspect réaliste renforce la noirceur du récit et donne encore plus de force aux événements.

J’ai beaucoup aimé ce thriller qui ne m’a pas déçu. On se fait manipuler tout le long. Sa construction est millimétré et l’auteur joue avec nos attentes et parvient sans cesse à nous surprendre. Je suis vraiment convaincu par Donato Carrisi et j’ai hâte de lire la suite de cette saga. Par contre les enfants sont particulièrement maltraités dans ce livre, donc âmes sensibles s’abstenir.

Résumé de l’éditeur :

Cinq petites filles ont disparu.
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
Au fond de chacune, un petit bras, le gauche. Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.
Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure…

Donato Carrisi – Le Chuchoteur (Calmann-Lévy 2010), (Editions France Loisirs 2011), (Le Livre de Poche, 2011, 2014, 2015) traduit de l’italien par Anaïs Bokobza.

Son titre original est « Il suggeritore » (2009).

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Le Tueur intime – Claire Favan

 -Chronique :

C’est la première fois que je lis un livre de Claire Favan et quelle première ! J’ai choisi de commencer par son tout premier livre « Le Tueur intime » premier opus d’un diptyque consacré à Will Edwards. Nous voici donc parti en direction de Rogers, une petite ville situé dans l’Arkansas, où nous allons suivre les pas d’un tueur en série.

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Dans « Le Tueur intime », Claire Favan nous plonge dans les méandres de la pensée d’un tueur en série. On va suivre son évolution de l’adolescence à sa vie de prédateur. Alors qu’il n’est encore qu’un adolescent craintif et peu sûr de lui, Will Edwards subit moqueries et agressions à l’école, ainsi que des viols de la part de son père. Un beau jour, Samantha une belle jeune fille, veut lui venir en aide sans savoir qu’elle sera l’élément déclencheur de sa folie meurtrière. Car Will va beaucoup changer, bien des années plus tard, il est devenu un séduisant et méticuleux tueur en série ne laissant aucune trace sur son passage. Sa personnalité froide et violente font de cet homme un vrai monstre. Le FBI piétine, les recherches ne mènent à rien. Les deux profilers font fausse route. Mais l’arrivée d’un nouveau profiler prénommé R.J., va leur permettre d’avancer dans la bonne direction.

Les personnages sont très bien travaillés. L’écriture de la personnalité de Will est parfaite, on est vraiment plongé dans la tête d’un tueur en série. À côté de Will Edwards, Samantha et RJ le profiler reprenant l’enquête, sont tout aussi bon. Claire Favan nous malmène tout au long de son livre, honnêtement il faut s’accrocher devant tant de violences physique et psychologique qui offrent des scènes parfois à la limite du supportable.

Vous l’avez compris, ce livre est un vrai coup de cœur ! C’est très judicieux de nous offrir ainsi la naissance d’un tueur en série. Sérieusement si vous n’avez pas encore lu ce livre foncez, j’ai rarement lu un thriller aussi bon. En plus c’est son premier livre…. Alors que dire, appart que non Claire ça ne se voit pas que vous n’avez jamais mis un pied aux USA et que vous n’avez jamais pris un seul cours de psychologie ou criminologie. J’ai hâte de retrouver Will, RJ et Samantha dans « Le tueur de l’ombre ».

Résumé de l’éditeur :

À quinze ans, Will a déjà conscience de sa différence. Solitaire, maltraité, il jette son dévolu sur une de ses camarades de classe. Ce qui n’aurait dû rester qu’une banale amourette devient une véritable obsession pour celui qui se révèle déjà comme un prédateur redoutable. Car Will est un tueur en série en devenir qui se construit pas à pas. Lorsqu’il estime le temps venu de livrer ses victimes au monde, il part sur les routes des États-Unis. Sa signature déroutante ne tarde pas à attirer l’attention du FBI. Pourtant, l’enquête de l’unité spéciale s’enlise. Un nouveau profiler, RJ, arrive alors en renfort dans l’équipe. Tous les espoirs reposent sur lui pour démêler les mises en scène de ce tueur diabolique.

Claire Favan – Le Tueur intime (Editions Les Nouveaux auteurs 2010), (Editions Points 2011)

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Seul le silence – R.J. Ellory

Chronique :

Seul le silence était dans ma PAL depuis plus d’un an déjà. Je découvre donc pour la première fois R.J. Ellory, auteur britannique très célèbre. C’est parti en direction d’Augusta Falls dans l’Etat de Géorgie aux Etats-Unis. Seul le silence est narré par une seule personne – Joseph Vaughan – que l’on suivra pendant plus de 30 ans. Seul_le_silence

Seul le silence nous raconte l’histoire du jeune écrivain en herbe, Joseph Vaughan, qui en 1939 est âgé de 12 ans. Il perd son père et se retrouve seul avec sa mère dont il est très proche, dans une petite ville américaine de Géorgie, Augusta Falls. Peu de temps après une fillette est retrouvé tuée, violée et mutilée aux abords de la ville… Cette série continuera pendant des années. Des fillettes âgées entre huit et douze ans assassinées dans d’horribles circonstances. A l’heure où tout les habitants d’Augusta Falls et des comtés voisins sont effrayés par cette histoire, lui voudrait pouvoir protéger ces petites filles. Il cherchera à découvrir qui pourrait être le coupable, sans succès. Ni lui, ni le shérif de sa ville, ni les shérifs des comtés voisins, ni tout ceux qui seront appelés de tout l’état par la suite ne trouveront ce tueur qui perpétue ces atrocités. Les crimes semblent s’arrêter après le départ de son voisin Gunther Kruger, pour reprendre de plus belle dans d’autres comtés de Géorgie. Joseph cherche à tourner la page et part à 18 ans pour New-York afin de devenir écrivain… Mais rien n’est vraiment terminé, et bientôt son passé va de nouveau le rattraper… Une histoire qui le hantera toute sa vie…

Qui peut rester insensible face à cette enfance abîmée et déchirée par la mort d’un père, la guerre, un meurtrier et des désillusions en tout genre… La plume de R. J. Ellory est vraiment extraordinaire. L’auteur se place dans la peau de ce jeune homme et nous livre son histoire comme un témoignage, comme si Joseph était là et nous contait sa dramatique histoire.

Ce roman est un petit chef d’oeuvre de noirceur. Laissez-vous emporter par ce livre plein de finesse où vous allez ressentir le contraste entre la légèreté du style d’Ellory et la noirceur de ce qui est décrit. C’est splendide. Un vrai coup de cœur !

Résumé de l’éditeur :

Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l’affaire semble enfin élucidée, Joseph s’installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d’enfants se multiplient… Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, R. J. Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu’il met en jeu.

R.J. Ellory – Seul le silence (Editions Sonatine 2008), (Livre de Poche 2009, 2011), (Editions France Loisirs 2012) traduit de l’anglais par Fabrice Pointeau.

Son titre original est « A quiet belief in angels » (2007).

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La mémoire fantôme – Franck Thilliez

Chronique :

Après la Chambre des morts, La mémoire fantôme est la seconde enquête de Lucie Hennebelle. Le temps a passé, elle a déménagé sur Lille et est monté en grade. C’est donc parti en direction du Nord pour une enquête originale et passionnante. Franck-Thilliez-La-Memoire-Fantome

On retrouve donc avec plaisir le lieutenant de police Lucie Hennebelle, personnage attachant et charismatique. On va en apprendre plus sur son sombre passé et sur ses démons. Elle va tomber sur Manon une jeune femme amnésique qui a été retrouvé en pleine crise d’hystérie au milieu d’une route entouré de forêt. Elle porte des marques de séquestration mais ne se souvient de rien. Il faut dire que la pauvre oublie tout au bout de quelques minutes. Elle est obligée de tout noter dans son N-Tech (appareil spécialisé) et de se répéter les choses à longueur de journée. Son personnage est troublant et mystérieux. Autant dire que le travail de Lucie est très complexe, car comment retrouver la trace d’un homme qui a enlevé et séquestré une femme qui ne sait même pas qu’elle a été enlevée… L’enquête va être longue et semé d’embuches. Lucie va se retrouver à chasser le Professeur, un tueur en série qui sévissait il y a déjà quatre ans et qui revient soudainement à la charge, avec toujours le même mode opératoire.

Avec Franck Thilliez ce livre est comme d’habitude, très bien documenté, afin de rendre le tout très crédible. Je trouve que l’on apprend toujours quelque chose dans ses romans. Son travail de fond est impressionnant et son style est d’une efficacité redoutable. On se laisse happer par l’enquête jusqu’au dénouement finale car on veut toujours en savoir plus.

Le thème sur le fonctionnement de la mémoire est très bien construit et exploité. Les explications sont précises. Un très bon roman comme on en prend l’habitude avec Thilliez. La mémoire fantôme est un thriller palpitant et captivant avec un dénouement surprenant et cohérant. Bien sûr je vais continuer avec plaisir à suivre les aventures de Lucie Hennebelle.

Résumé de l’éditeur :

Une femme à bout de souffle court dans l’orage. Dans le creux de sa main, un message gravé en lettres de sang : « Pr de retour ». Elle pense être en février, nous sommes fin avril. Elle croit sa mère vivante, celle-ci s’est suicidée voilà trois ans dans un hôpital psychiatrique… Quatre minutes. C’est pour elle la durée approximative d’un souvenir. Après, sans le secours de son précieux organiseur électronique, les mots, les sons, les visages… tout disparaît. Pourquoi ces traces de corde sur ses poignets ? Que signifient ces scarifications, ces phrases inscrites dans sa chair ? Quel rapport entre cette jeune femme et les six victimes retrouvées scalpées et torturées quatre années plus tôt ? Pour Lucie Hennebelle, lieutenant de police de la brigade criminelle de Lille, la soirée devait être tranquille. Elle deviendra vite le pire de ses cauchemars… Une lutte s’engage, qui fera ressurgir ses plus profonds démons.

Franck Thilliez – La mémoire fantôme (Edition Le Passage 2007), (Pocket 2007, 2008, 2010, 2013)

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