Entre deux mondes

Un grand merci aux éditions Michel Lafon pour cette lecture.

Chronique :

Le dernier livre de Olivier Norek Entre deux mondes ne met pas en scène son personnage fétiche le capitaine Victor Coste et la région parisienne. Entre deux mondes parle de tout autre chose. Tout d’abord direction la Syrie, puis la « Jungle » de Calais… pour un changement radical! olivier-norek-livre

On fait tout d’abord la connaissance de Adam un flic Syrien de Damas. Il doit fuir son pays et son régime sanguinaire pour rejoindre sa femme Nora et sa fille Maya parties quelques jours avant lui dans un long périple vers l’Angleterre. Mais une fois arrivé dans la fameuse « jungle » de Calais, il ne les trouve nul part. Chaque jour il met toute son énergie à les chercher et montre à tout le monde la photo de Nora et Maya, une des rares choses qu’il possède encore. Ce qu’il va découvrir dans ce bidonville est un univers sans loi où les migrants affluent chaque jour vivant dans des conditions déplorables, où même la police n’ose plus mettre les pieds. Au fur et à mesure que passe les jours Adam se rattache à tout ce qu’il peut. Car l’espoir de revoir un jour sa femme et sa fille s’amenuise de jour en jour. Parallèlement on fait la connaissance de Bastien un flic français tout juste muté de Bordeaux à Calais pour des raisons familiales. Sa femme est en pleine dépression après le décès de son père et sa fille en pleine crise d’adolescence. Les deux flics se lient d’amitié. Ils viennent de deux pays différents mais font le même métier et se ressemblent énormément dans leur humanité, leur valeur et leur courage. Le dernier personnage principal est Kilani un jeune soudanais que la vie n’a pas épargné. C’est un personnage très émouvant.

Olivier Norek s’empare d’une thématique sociale très forte. Il a osé prendre des risques. On ne suit pas vraiment l’enquête dans ce livre, on est plus porté sur les lieux, les personnages, leur humanisme, leur angoisse et leur peur. L’auteur nous parle de tout ces gens qui fuient leur pays en guerre et qui laissent tout derrière eux, leurs vies, leurs souvenirs et leurs familles. De ces migrants qui sont entassés dans des embarcations surchargées et qui traverse la méditerranée dans des conditions catastrophiques. Grâce à la qualité de sa plume, l’auteur a su m’immerger dans cette « Jungle ». La description de ce bidonville français est tout simplement bluffante. Tout est très documenté et très précis.

Ce livre est poignant, percutant et violent à la fois.  On se prend la réalité telle qu’elle est en pleine figure. Vous avez dû le deviner c’est un gros coup de cœur. Merci et bravo Monsieur Norek pour cet excellent moment de lecture. Mais assez parlé, foncez acheter ce livre et vous comprendrez par vous même, ne passez pas à côté, ce serait dommage.

Résumé de l’éditeur :

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.

Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

Olivier Norek – Entre deux mondes (Editions Michel Lafon 05/10/2017).

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Train d’enfer pour Ange rouge

Chronique :

Train d’enfer pour Ange rouge est le premier tome de la saga Franck Sharko. Bienvenue dans l’univers de Franck Thillez, c’est parti en direction de Paris pour la première aventure de Sharko, commissaire de police à la brigade criminelle de Paris. train d'enfer pour ange rouge

Nous allons faire la connaissance avec notre personnage principal Franck Sharko, qui s’accroche à son métier pour ne pas sombrer dans la folie. C’est un homme brisé et torturé depuis la disparition de sa femme Suzanne, il y a de cela plus de 6 mois. Malgré cela il est très courageux et fais preuve d’une grande intelligence. Il va être chargé d’enquêter sur la mort horrible d’une veuve de 35 ans Martine Prieur, qui a été retrouvé ligotée, ficelée et suspendu par des crochets avec la tête tranchée… Très vite d’autres meurtres du même genre suivront et Sharko sera personnellement visé par le tueur. L’enquête va le mener dans le milieu très pervers du sadomasochisme et de la torture extrême. Notre commissaire va devoir faire face à une enquête très complexe.

On est vraiment embarqué dans cette enquête et quel plaisir d’avoir comme narrateur le commissaire Sharko. Le style de l’auteur est recherché et très travaillé. Les scènes de violence sont réalistes et les personnages secondaires sont très approfondis. Et quelle maîtrise de cette ambiance si morbide.

J’ai beaucoup aimé ce premier tome des aventures de Franck Sharko, c’est un bon premier thriller qui est prenant et efficace. Franck Thilliez est vraiment l’un des auteurs les plus incontournables du thriller français.

Résumé de l’éditeur :

Un cadavre en morceaux artistiquement répartis est retrouvé aux environs de Paris. La victime a été décapitée et son corps martyrisé a fait l’objet d’une mise en scène défiant l’imagination.

Le commissaire Franck Sharko est dépêché sur les lieux. Les ténèbres, il connaît : sa femme a disparu depuis six mois. Aucun signe de vie, aucune demande de rançon. Et cette nouvelle affaire, en réveillant le flic qui dormait en lui, va l’emmener au cœur de la nuit, loin, beaucoup trop loin…

Franck Thilliez – Train d’enfer pour Ange rouge (La Vie du Rail 2004), (Pocket 2007, 2011, 2012, 2016).

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Entretien avec Nicolas BEUGLET

 

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1) Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

Nicolas Beuglet, 42 ans, auteur du thriller Le Cri aux éditions XO. Auparavant, présentateur, rédacteur en chef et directeur artistique en télévision.

2) Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Les lectures de ma mère le soir comptent énormément. Mais le premier livre que j’ai désiré au point de compter les heures qui me séparaient de chaque lecture fut L’histoire sans fin.

3) Quel est l’écrivain qui a fait de vous un écrivain ?

Steinbeck pour les fondations, JK Rowling pour le plaisir.

4) Comment vous est venue l’idée de l’intrigue de votre roman « Le Cri » ?

Par une peur personnelle qui m’a un jour terrassé et dont je n’ai pas compris l’origine. Comme si cette émotion ne faisait pas partie de mes peurs personnelles mais de celles de l’espèce humaine. Des années plus tard, j’ai fait des recherches sur cette terreur et je suis notamment tombé sur cette formidable réflexion de Carl Gustav Jung : « Nous ne sommes pas d’hier ou d’aujourd’hui, nous sommes tous d’un âge immense. »

5) Comment vos personnages prennent-ils vie en général et là tout particulièrement Sarah et Christopher ?

Sarah est venu me voir et elle m’a dit : il te faut une femme comme moi pour espérer aller au bout de cette enquête, les autres ne tiendront pas le coup. Christopher m’a supplié de ne pas lui faire subir un tel calvaire parce qu’il serait incapable de surmonter une telle épreuve… seul. J’ai écouté leur demande et je les ai seulement fait se rencontrer.

6) Vous êtes-vous rendu sur place pour décrire avec tant de précision tout ses lieux que l’on découvre dans « Le Cri » ?

Non mais j’ai passé tellement d’heures à les parcourir sur internet via des photos, des films et des dizaines de témoignages détaillés.

7) Est-ce qu’on retrouvera le personnage de Sarah Geringën dans un prochain livre ?

Je regarde ce qu’elle fait en ce moment et je me dis que c’est possible.

8) Est-ce que le fait d’être journaliste de formation vous a aidé à trouver toutes les infos pour écrire ce livre ?

La formation non, l’obsession de toujours chercher le pourquoi du pourquoi et d’être sûr de mes informations, oui.

9) Avez-vous été troublé vous-même, par votre propre réponse sur l’origine de l’âme humaine ?

L’idée du Cri m’est venu il y a assez longtemps et pour tout vous dire, j’avais peur de l’écrire. Je ne me sentais pas capable de me confronter à ce sujet sans céder à la panique. J’ai dû attendre que ma vie devienne plus sereine pour trouver la force et le soutien (de ma femme Caroline) pour me dire : j’y vais.

10) Etes-vous sur un nouveau projet d’écriture ?

Oui. Une nouvelle qui est terminée et un prochain roman qui est en cours. Mais pour l’un et l’autre, je ne peux pour le moment pas en dire plus.

11) Quelles sont vos autres passions ?

Mes deux filles, et les jeux vidéo…eh oui. Notamment ceux qui ont le don de raconter des histoires que l’on ne verra jamais dans un livre.

12) Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Si vous avez lu jusqu’ici, c’est que vous êtes une personne curieuse (ou très polie). Dans les deux cas, je me reconnais alors en vous et vous souhaite l’immortalité à travers toutes vos anciennes et futures lectures.

Lien vers la chronique du livre

Merci à Nicolas Beuglet d’avoir répondu aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur et si ce n’est pas déjà fait de découvrir son dernier roman « Le Cri ».

 

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Biographie de Nicolas Beuglet

Nicolas Beuglet a 42 ans. Après quinze ans passés chez M6, il a choisi de se consacrer à l’écriture de scénarios et de romans. Il vit à Boulogne-Billancourt avec sa femme et ses deux filles.

 

Le Cri

Chronique :

Le Cri est le second roman de Nicolas Beuglet, même si c’est bien le premier signé sous ce nom là, car en 2011 il avait écrit Le Premier crâne sous le pseudonyme de Nicolas Sker.  C’est parti en direction de l’hôpital psychiatrique de Gaustad à Oslo en Norvège. le cri

On va faire la connaissance de Sarah Geringën une inspectrice Norvégienne au caractère aussi glaciale que son pays. Elle est appelée un soir pour une mort un peu suspecte dans l’hôpital psychiatrique de Gaustad. La victime a une cicatrice un peu étrange sur le front, le chiffre 488… Mais personne ne sait ce que cela veut dire, comme personne ne peut expliquer le sens des nombreux dessins sur les murs de sa cellule. Mais il y a pire personne ne connaît sa véritable identité. Sarah ne sait pas encore à ce moment là que cette enquête va prendre des proportions démesurées, qu’elle ira de découvertes en découvertes et qu’elle va devoir se rendre dans différents pays pour connaître la vérité. Mais elle ne sera pas seule dans cette enquête, elle fera équipe malgré lui, avec Christopher un journaliste d’investigation français.

Ce livre nous parle et traîte de différents sujets comme la croyance, la peur, la vie éternelle, les secrets d’état, mais surtout la question fondamentale de l’existence et de ce qu’il y a après la mort. Dans un sens il oppose certaines grandes théories religieuses à la science. Dans le Cri il y a des énigmes, des pièges, des indices, des secrets, des révélations et une multitude de rebondissements qui s’enchaînent sans aucun temps mort. Nicolas Beuglet maîtrise parfaitement l’intrigue de bout en bout.

Il faut également bien prendre conscience que ce livre relate de véritable fait réel telle que les expériences faites par la CIA pendant de très nombreuses années pour essayer de contrôler le cerveau humain. Il aura fallu 4 ans à l’auteur pour écrire ce livre mais cela en vaut vraiment la peine. Et quel travail de recherche formidable.

Le Cri est tout simplement un thriller oppressant, prenant et terrifiant. C’est le genre de roman qu’on ne lâche plus une fois qu’on l’a ouvert. C’est une ambiance qui fait un peu penser à Shutter Island. Je ne le dis pas très souvent mais la Waouh quelle couverture d’une justesse et d’une efficacité magistral. En conclusion s’il faut de nouveau attendre 4 ans pour le prochain livre de Nicolas Beuglet , ce n’est pas un soucis si au final en ressort un livre si brillant!

Résumé de l’éditeur :

Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l’aube d’une nuit glaciale, le corps d’un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre…
Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front ? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule ? Pourquoi le personnel de l’hôpital semble si peu à l’aise avec l’identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans ?
Pour Sarah, c’est le début d’une enquête terrifiante qui la mène de Londres à l’île de l’Ascension, des mines du Minnesota aux hauteurs du vieux Nice.
Soumise à un compte à rebours implacable, Sarah va lier son destin à celui d’un journaliste d’investigation français, Christopher, et découvrir, en exhumant des dossiers de la CIA, une vérité vertigineuse sur l’une des questions qui hante chacun d’entre nous : la vie après la mort…
Et la réponse, enfouie dans des laboratoires ultrasecrets, pourrait bien affoler plus encore que la question !

Nicolas Beuglet – Le Cri (XO Editions 08/09/2016).

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La patience du Diable

Chronique :

Après le 1er tome La conjuration primitive, nous retrouvons Ludivine Vancker dans La patience du Diable. Très franchement après avoir lu La conjuration primitive je me suis dit que ça allait être très complexe de faire une suite d’un tel niveau. Mais Maxime Chattam est un très grand auteur ! Ce second tome prend place 18 mois après le dénouement à Val-Segond au Québec. C’est donc avec un grand plaisir que nous allons retrouver Ludivine et toute son équipe. la patience du diable

Alors que Ludivine souffre encore des évènements de la conjuration primitive, le mal lui ne s’arrête jamais. Elle va devoir avoir les nerfs solide dans cette enquête ou elle sera confronté au Diable en personne… Une épidémie de meurtre se répand dans toute la France. La montée progressive de la violence avec des gens de toutes âges qui pètent les plombs sans raison apparente est un vrai mystère. Que ce soit dans un TGV, au cinéma, en pleine rue ou dans un centre commercial, ces tueries sans réel lien apparent, plonge Ludivine et toute son équipe de la section de recherche de Paris dans une enquête très complexe, leur pistes partent dans tout les sens. Ludivine est bien sûr la protagoniste principale, c’est une femme intelligente et courageuse mais elle se met souvent en danger en fonçant tête baissée. Son coéquipier Seignon lui, est tout le contraire, il est stable, rassurant et très objectif. Il arrive à prendre beaucoup de recul sur les enquêtes en cours, joue un peu le rôle de protecteur et de grand frère pour Ludivine. Ils forment vraiment un duo très complémentaire.

Maxime Chattam a vraiment un don pour la mise en scène de ses thrillers. Ce livre possède tout, une très bonne intrigue, des personnages charismatiques et énormément de suspense. Bien sûr après La conjuration primitive son auteur avait mis la barre très haute donc forcément c’est difficile de faire une suite qui l’est tout autant. Mais moi j’ai trouvé cette suite à la hauteur de mes espérances. La patience du Diable est un excellent thriller. Et si le Diable était au plus profond de chacun d’entre nous ?!

Résumé de l’éditeur :

Le Mal peut-il contaminer ceux qui le traquent ? Un go-fast pris en flag qui transporte bien pire que de la drogue… Deux ados qui tirent sur les passagers d’un TGV lancé à pleine vitesse… Des gens ordinaires découverts morts… de terreur. Le Diable mène le bal, le monde est devenu fou. Lieutenant à la Section de Recherche de Paris, Ludivine Vancker comprend bientôt qu’un fil sanglant relie ces faits divers. Rien ne pourra l’empêcher de remonter la piste à sa source. Aux racines de la peur.
Après La Conjuration primitive, Maxime Chattam, dans ce thriller d’une maîtrise glaçante, sème plus que jamais le doute.

Maxime Chattam – La patience du Diable (Albin Michel 28/05/2014) , (Pocket 10/11/2015).

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