Entretien avec Thomas Laurent

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Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

Bonjour à tous ! Soyons brefs: Thomas, 22 ans, étudiant strasbourgeois… et écrivain (comment ça, vous vous en doutiez ?!). Plus sérieusement: je suis un jeune auteur alsacien, publié depuis juin dernier aux éditions Zinedi. J’écris principalement du thriller, autour de mes thèmes de prédilection: les mystères et la superstition. Et depuis peu, je suis également vidéaste, puisque j’anime une chaîne Youtube sur l’archéologie !

 

Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Mon tout premier souvenir ? Ma mère qui nous lisait des histoires, à mon frère et moi, quand nous ne savions pas encore lire. Quant au tout premier roman que j’ai lu, c’était « Harry Potter » en CE1. À l’époque je lisais encore à haute voix… Je me souviens qu’il m’avait fallu une bonne vingtaine de minutes (au moins !) pour venir à bout de la première page… pas facile quand on débute !

 

Pensez-vous que pour devenir un bon auteur il faut avant tout être un grand lecteur ?

Honnêtement ? Je n’en sais rien. Instinctivement, j’ai envie de répondre que ce n’est pas obligatoire… mais on va pas se leurrer, ça aide beaucoup ! Pour ma part, j’ai été très grand lecteur dans mes années primaire-collège-lycée, et ça a été très formateur. Mais « c’est en forgeant qu’on devient forgeron »: pour être un bon auteur, il faut avant tout écrire, écrire, et… encore écrire. Pas de recette miracle !

 

D’où vous est venu l’envie d’écrire du polar médiéval ?

Pour écrire un roman, je pars toujours d’un thème ou d’une idée, sans m’interroger sur la forme que prendra le texte… et surtout, sans essayer de le ranger dans une « case » littéraire (SF, polar, etc). La période de la chasse aux sorcières, au cours du XVè siècle, m’a toujours fasciné. C’est de là qu’est venue l’idée d’écrire « Le Signe du Diable« . Pour répondre à la question: ça n’était pas tant le genre « polar médiéval » qui m’attirait, plutôt le thème très précis de la sorcellerie. D’ailleurs, entre nous, je ne suis pas très « polar ». Ni en tant qu’auteur, ni en tant que lecteur. Pour moi, « Le Signe du Diable » est davantage un thriller qu’un policier…

 

De quel personnage de votre roman « Le Signe du Diable » vous rapprochez vous le plus ?

Il y a une part de moi en chaque personnage… mais dans ce roman (comme d’ailleurs dans tous ceux que j’écris !) c’est de mon personnage principal dont je suis le plus proche: Morgane, la jeune femme accusée de sorcellerie, propulsée au cœur d’un complot. D’ailleurs, parlons-en ! Le Moyen Âge est une époque où il ne fait pas bon être une femme. Encore moins en ce début de Renaissance, période de chasse aux sorcières ! D’où ce choix d’un personnage féminin, qui offre à mon sens bien plus de complexité et de profondeur au roman. Et de subtilité, aussi… 

 

Est-ce qu’on retrouvera Morgane ou un autre personnage dans un prochain livre ?

 Oui ! Je ne sais pas encore quand, mais je peux au moins dire une chose: ce sera d’une manière plutôt inattendue… Suspens !

 

Qu’est ce qui vous a poussé à devenir écrivain ?

 … ou plutôt: qu’est-ce qui aurait pu me pousser à ne pas l’être ? Depuis tout petit je m’invente des histoires… Dès que j’ai su lire et écrire, j’ai commencé à gratter mes textes dans mes cahiers d’école. J’ai grandi avec l’écriture ! Publier un roman était donc un rêve d’enfance. Merci aux éditions Zinedi d’avoir cru en moi !

 

Comment vos personnages prennent-ils vie ?

 En réalité, j’ai l’impression qu’ils sont déjà en vie quelque part, et que je ne fais que les découvrir. Au fil de l’écriture, ils évoluent d’eux mêmes sous ma plume. J’ai bien plus l’impression de les rencontrer que de les créer. D’ailleurs, au début de chaque nouveau roman, il y a toujours cette phase de « découverte », particulièrement exaltante puisque parfois, des personnages se révèlent diamétralement différents de mon idée d’origine. Je les découvre, et ils continuent d’évoluer d’eux-mêmes au long de l’intrigue… C’est une étrange alchimie, que je ne saurais expliquer !

 

Comment percevez-vous les critiques sur votre premier roman ?

Ce premier roman, c’était un peu mon « baptême du feu ». J’avoue que j’appréhendais l’accueil du public… et au final, que du positif ! Quatre coups de cœur de libraires, des retours magnifiques sur la toile et en dédicace… La critique qui m’a le plus touché, c’était lors d’une rencontre en médiathèque à Marckolsheim: « Je dois avouer qu’au départ, le sujet ne m’intéressait pas – mais alors pas du tout ! – et au final, je me suis régalée… » Bref, un gros merci à tous ces lecteurs qui ont pris le risque de découvrir un nouvel auteur !

 

Avez-vous à ce jour un nouveau projet d’écriture ?

Oui ! Le 9 mai sort mon nouveau roman, un thriller dont je livrerai le titre prochainement sur ma page facebook… Entre temps, j’ai écrit un autre polar médiéval, qui paraîtra sans doute en 2018. J’ai aussi un roman de SF en réserve, que mes bêta lecteurs ont beaucoup apprécié… Bref, l’aventure continue !

 

Concernant votre nouvelle vie d’auteur, avez-vous une anecdote à nous raconter ?

Beaucoup trop ! Les passages sur Radio Bienvenue Strasbourg (merci à l’équipe de Cité Cultures !), les dédicaces, les salons… C’est beaucoup de nouveautés pour moi (et un soupçon de stress aussi, soyons honnêtes !). J’ai l’impression de ne pas m’y être encore totalement habitué… 

Quels conseils donneriez-vous à toutes les personnes qui rêvent de devenir écrivain ?

Pour moi, on ne devient pas écrivain: vous l’êtes déjà à partir du moment où vous commencez à écrire ! Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il faut être publié pour être un « vrai écrivain » (d’ailleurs, ça veut dire quoi, « vrai écrivain » ?). Alors mon seul conseil: éclatez-vous, donnez le meilleur de vous-même, et prenez en compte les avis de vos proches pour progresser ! Enfin, pour se faire publier, pas de recette miracle: tentez votre chance, et ne vous découragez pas… Croyez en vous ! Même les grands auteurs d’aujourd’hui ont connu les lettres de refus avant publication…

Lien vers la chronique du livre

Merci à Thomas Laurent pour avoir répondu aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur et si ce n’est pas déjà fait de découvrir son premier roman.

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Dès son plus jeune âge, Thomas Laurent manifeste sa passion pour l’écriture. De la science-fiction au thriller moderne, en passant par le polar historique, il se crée un univers marqué par les ambiances sombres et les mystères insolubles. À 21 ans, il publie son premier roman, Le Signe du Diable, aux éditions Zinedi. On y retrouve ses thèmes de prédilection, parmi lesquels celui de la lutte entre raison et superstition. Thomas Laurent vit à Strasbourg où il poursuit un master d’archéologie.

 

 

 

Le Signe du Diable

Chronique :

Le 1er roman de Thomas Laurent est un polar médiéval. Je dois bien avouer que je n’ai pas vraiment l’habitude de lire ce genre de polar !

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L’intrigue est originale et bien menée. Entre sorcières, superstitions, bourreaux, barons et mires on es très vite happé par cette époque du XVème siècle en France. On fait la connaissance d’une jeune fille prénommé Morgane, rejeté dès son enfance à cause de sa tache de naissance sur le front. A cette époque, tout ce qui sort un peu de l’ordinaire fait peur et est forcément un signe du Diable.

Morgane est une jeune fille attachante, courageuse et intelligente. Arrêté et accusé, par un inquisiteur, d’être responsable d’un crime et de sorcellerie, elle sera sauvé de justesse, mais en échange elle devra venir en aide à son mystérieux sauveur ! Pour cela elle sera accompagné et protégé par un jeune chevalier. S’en suivra un long périple semé d’embûches pour le duo.

Le dénouement sera complètement inattendu.

Pour son premier roman le jeune auteur alsacien a fait fort. Son écriture est parfaitement adapté à l’époque. Les descriptions sont réalistes, on sent tout le travail de recherche qui a été accompli.

C’est une lecture dépaysante que j’ai bien apprécié. Je suis complètement rentré dans l’univers médiéval. Je le conseil à tout le monde.

Résumé de l’éditeur :

Après la mort violente du baron Raoul de Hurlebosque, son fils Philippe est atteint d’un mal étrange. Tous y voient la marque du diable. La jeune Morgane, avec sa tache de naissance au front, est un coupable tout désigné. Arrêtée par l’inquisiteur Henri Niger, torturée, Morgane avoue un crime qu’elle n’a pas commis. Tandis qu’elle attend la mort, un mystérieux sauveur la délivre. Mais elle va devoir honorer le pacte conclu…

L’auteur entraîne le lecteur dans une véritable enquête policière au cœur du XVe siècle où la recherche de vérité se heurte aux superstitions et à l’ignorance.

Thomas Laurent – Le Signe du Diable (Editions Zinedi 23/06/2016).

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