Meurtriers sans visage

Chronique :

Meurtriers sans visage est la toute première enquête du célèbre commissaire Kurt Wallander. Je pense que pour bien connaître un personnage c’est toujours mieux de commencer par le début. C’est parti direction la Suède, à Ystad en Scanie. meurtriers-sans-visage-20368

Kurt Wallander est très marqué par l’échec de son mariage, l’absence totale de lien et d’échange avec sa fille et de plus son père montre d’inquiétant signe de sénilité. Il se réfugie du coup dans l’alcool et son travail. C’est un personnage très attachant qui est très exigeant dans son travail. Il s’implique à 100 % et ne lâche jamais rien. Dès le départ on se retrouve face à une scène de crime assez sanglante impliquant un couple de paysans dans une ferme isolé en pleine campagne. Le seul indice dont dispose la police est le dernier mot prononcé à l’hôpital par la femme avant de mourir « Etranger ». Ce mot là va filtrer à la presse et dès que celle-ci va le divulguer, une vague de xénophobie va s’installer dans toute la région. L’enquête va s’avérer très complexe et bien plus pénible que prévu. Bien sûr les moyens employés pour trouver le ou les coupables sont beaucoup moins moderne et efficace que de nos jours.

J’ai bien apprécié que l’enquête paraisse très réelle, les indices n’apparaissent pas juste quand il le faut comme par magie. On sent que l’enquête piétine malgré tout le travail accompli. Certes il y a quelques longueurs et le dénouement n’est pas terrible, même si cela reste cohérent et réaliste. Mais pour un premier tome je trouve normal que l’enquête passe au second plan et que la vie du personnage principal prenne une grande place dans le récit.

Ce premier opus du commissaire Wallander est très réaliste. Pour Henning Mankell, il sert avant tout à bien détaillé et à bien placer son personnage principal. C’est bien sûr une série que je recommande à tout le monde.

Résumé de l’éditeur :

En pleine campagne suédoise, dans une ferme isolée, un couple de paysans retraités est torturé et sauvagement assassiné. Avant de mourir, la vieille femme a juste le temps de murmurer un mot :  » étranger « . Il n’en faut pas plus pour qu’une vague de violence et d’attentats se déclenche contre les demandeurs d’asile d’un camp de réfugiés de la région. Les médias s’emparent du fait divers et lui donnent une résonance nationale. La pression augmente sur les épaules de l’inspecteur Wallander, chargé de mener l’enquête. Il va devoir agir vite, avec sang froid et détermination, et sans tomber dans le piège de la xénophobie ambiante qui brouille les pistes…

Henning Mankell – Meurtriers sans visage (Points policier 2001, 2004) traduit du suédois par Philippe Bouquet.

Son titre original est « Mördare utan ansikte » (1991).

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Les Chiens de Riga

Chronique :

Pour la seconde apparition de l’inspecteur d’Ystad en Scanie, on est dans le genre roman d’espionnage. Mankell a clairement décidé d’apporter une dimension particulière à son inspecteur. Les Chiens de Riga c’est une plongée dans l’univers totalitaire de l’ex U.R.S.S. Sur fond de politique, d’histoire, de drogue et de criminalité. Tout y figure, organisations secrètes, surveillances policières, trafic de drogue, influences politiques.
Ce roman est criant de réalité. les-chiens-de-rigaC’est dans une atmosphère très tendu en Lettonie, que Kurt Wallander  doit mener une enquête. D’entrée on a du mal à lâcher ce livre, Wallander traîne toujours autant son mal être, il est embourbé dans ses soucis familiaux et l’alcool est toujours son meilleur ami quand il rentre chez lui. L’enquête en Suède est d’abord assez calme et se déroule sans soucis majeur, mais elle prend un tout autre tournant dès qu’il pose les pieds en Lettonie. Il est obligé d’avancer à l’aveugle sans ses repères habituels, sans aide, et devra se méfier de tout le monde, ignorant tout sur la réalité du pays dans lequel il se trouve.

Le suspense est total et garanti dans un environnement dépaysant, les derniers chapitres se déroulent dans une extrême tension. Wallander est très attachant, il apparaît comme un « héros » très humain, avec ses doutes, ses peurs, ses faiblesses et ses erreurs.

Henning Mankell a su restituer au mieux cette sombre époque de la Lettonie, il a parfaitement réussi la description de ce pays fermé sur lui même. C’est un très bon roman qui a su me captiver de bout en bout.

Résumé de l’éditeur :

Février 91. Un canot pneumatique s’échoue sur une plage de Scanie. Il contient les corps de deux hommes exécutés d’une balle dans le cœur. L’origine du canot est vite établie : de fabrication yougoslave à l’usage des Soviétiques et de leurs satellites. Les corps sont identifiés : des criminels lettons d’origine russe liés à la mafia.

Un policier de Riga est appelé en renfort à Ystad. Dès son retour en Lettonie, l’étrange major Liepa pour lequel l’inspecteur Wallander s’est pris d’amitié est assassiné. Wallander part pour Riga. Là, privé de tous repères, il se trouve plongé dans un pays en plein bouleversement, où la démocratie n’est encore qu’un rêve, un monde de surveillance policière, de menaces non voilées, de mensonges.

Où est la vérité? À force d’obstination l’inspecteur suédois, réduit à ses seules intuitions mais épris de justice, fera la lumière.

Henning Mankell – Les Chiens de Riga (Seuil/Policiers 2003), (Points policier 2004) traduit du suédois par Anna Gibson.

Son titre original est « Hundarna i Riga » (1992).

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