Entretien avec SIRE Cédric

du feu de l'enfer

C’est pour moi un très grand plaisir de vous proposer cet entretien.

● Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les rares lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

Je suis auteur de thrillers, souvent proches de la littérature d’horreur. À ce jour, j’ai publié dix livres, qu’on peut retrouver pour la plupart en éditions de poche chez Pocket. Mon nouveau roman, Du feu de l’enfer, est actuellement disponible en grand format aux éditions Presses de la Cité.

● Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

La série des Bob Morane, sans hésitation. Gamin, je dévorais ces livres, j’allais à la bibliothèque de mon petit village et je restais en admiration devant les étagères. Toutes ces aventures qui n’attendaient qu’à être découvertes ! J’en empruntais un par semaine.

● D’où vous est venue l’envie d’écrire des « Thrillers horrifiques » ?

J’ai découvert l’horreur avec Stephen King dans les années 80. C’était également un âge d’or pour le cinéma d’horreur. J’ai grandi avec cette culture. Ce sont mes racines. J’essaierai forcément d’autres horizons au fil des années, mais cela restera mon ADN, mes goûts initiaux et les plus vrais.

● Comment vous est venue l’idée de l’intrigue de votre dernier roman Du feu de l’enfer ?

C’est dernières années, j’ai beaucoup roulé le long des routes de l’Hérault pour aller visiter divers membres de ma famille. La région est parsemée de bâtisses à l’abandon, perdues au milieu de nulle part. Cela m’a fait penser à tout un tas de faits divers, des anecdotes locales de soirées orgiaques mettant en scène des notables, des actes de vandalisme et des mutilations animales dont les justifications demeurent floues. Je me suis demandé : « Et si toutes ces anecdotes sordides avaient une même cause ? Que se passerait-il si une secte satanique organisait des soirées dans ces endroits abandonnés ? » Toute l’idée du roman a commencé à germer à partir de ça.

● Comment vos personnages prennent-ils vie en général et là tout particulièrement Manon et Ariel ?

Les personnages sont toujours mon moteur d’écriture. Ils sont en moi, ils ont besoin de sortir, ou plutôt j’ai besoin de raconter leur histoire. C’est comme cela que ça se passe toujours. Du feu de l’enfer est avant tout l’histoire de Manon et d’Ariel, le récit de leur parcours : celui d’un frère et d’une sœur que tout oppose, qui ont toujours vécu une relation tendue, mais qui vont devoir se tenir les coudes et découvrir ensemble que, sous la surface, il se passe des choses terrifiantes. Manon est une incarnation angélique, pure, et naïve par bien des aspects. Son métier est d’embaumer les morts. Pour elle, c’est une vraie mission, elle apporte un respect absolu aux défunts et ne souhaite qu’une chose : que les familles puissent être apaisées et faire leur deuil. C’était un jeu délicieux pour moi de mettre ce personnage en perspective avec des individus représentant tout l’inverse : des monstres qui n’ont aucun respect pour la dignité humaine. Je voulais voir comment elle allait réagir, comment elle allait découvrir en elle cette part d’ombre, aussi.

● D’où vous vient cette justesse si parfaite dans les descriptions de l’horreur ?

Merci pour le compliment ! Je me mets à la place de mes personnages, je crois que l’essentiel vient de là. Quand j’écris, je suis debout au milieu du sang, je sens son odeur violente, j’ai son goût salé sur la langue, mon cœur s’accélère en même temps que celui de mes personnages et mes pupilles se dilatent en même temps que les leurs. J’essaie de décrire ces émotions le plus simplement et avec le plus de vérité possible.

● Comment définiriez-vous vous-même votre style de romans ?

Du frisson. Sans aucune autre prétention.

● Êtes-vous un grand lecteur et quels sont vos modèles ?

J’ai toujours beaucoup lu, dévoré des centaines et des centaines de livres – et de films aussi ! Je n’ai pas de modèle à proprement parler, mais je peux dire qu’il y a des auteurs qui ont accompagné ma vie rêvée et dont le travail fait à jamais partie de moi, de mon expérience personnelle la plus intime. Parmi eux, Stephen King, Clive Barker et David Lynch ressortent en premier, forcément. Ils m’ont donné envie d’être auteur moi-même. Ils m’ont montré que c’était possible, que j’avais le droit de choisir cette voie. Si je fais ce métier aujourd’hui, et si je veux être honnête, c’est entièrement grâce à ces personnes.

● Quand vous commencez à écrire un roman, le dénouement est-il déjà fixé ou est-ce qu’il vient au courant de l’écriture ?

Il est toujours prévu dès le départ. Je ne commence à écrire que lorsque j’ai le début et la fin de mon histoire très clairement définis dans ma tête. Mais au fil de l’écriture, les personnages se mettent à vivre, ils prennent de l’épaisseur, de la personnalité. Ce qui fait que, parfois, il m’est arrivé de finir un roman de manière très différente du plan initial. Ça a été le cas pour L’enfant des cimetières, notamment. La fin du livre tel que je l’ai écrite est cent fois plus intéressante que le pitch que j’en avais fait à l’éditeur ! (Rires.)

● Êtes-vous déjà sur un nouveau projet d’écriture ?

Oui, je travaille sur une nouvelle histoire, encore très différente de mes derniers livres !

● Quelles sont vos autres passions ?

J’aime la musique, tout particulièrement de metal. J’en écoute à longueur de journée. D’ailleurs, j’en profite pour préciser qu’à l’instant où j’écris ces lignes, c’est le morceau Waters of Ain de Watain qui fait vibrer mes enceintes, et j’en ai des frissons comme à chaque fois que j’écoute ce morceau. Je vais toujours à autant de concerts que possible, comme lorsque j’avais dix-huit ans. La musique vivante n’a pas de prix.

● Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Je salue tous ceux qui passeront par ici ! J’espère qu’ils auront envie de découvrir mes histoires et qu’elles les divertiront ! Les dates de mes prochaines dédicaces sont indiquées sur mon site officiel, il ne faut surtout pas hésiter à venir me voir pour discuter !

Lien vers la chronique du livre

Merci à Sire Cédric pour avoir répondu aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur et si ce n’est pas déjà fait de découvrir ses romans.

 

sire

Biographie de Sire Cédric

Né en 1974, le Toulousain Sire Cédric occupe depuis plusieurs années une place de choix sur la scène du thriller français.

Il est l’auteur de huit romans et de deux recueils de nouvelles, aux frontières du mystère et du frisson.

Il a reçu le prix Masterton pour son roman L’enfant des cimetières et le prestigieux prix Polar du festival de Cognac pour son thriller De fièvre et de sang.

Ses livres sont traduits en plusieurs langues.

Son nouveau roman, Du feu de l’enfer, est paru aux éditions Presses de la Cité en mars 2017.

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Du feu de l’enfer

Merci aux Editions Presses de la Cité  pour cette lecture.

Chronique :

Du feu de l’enfer le dernier thriller de Cédric Sire est déjà son 8ème roman. Direction Sud de la France dans le département de l’Hérault.

Accrochez-vous bien car il nous emmène tout droit en enfer… !du feu de l'enfer

Nous allons faire la connaissance de Manon une jeune femme très dynamique passionné par son métier de thanatopractrice. Et de son frère Ariel, un petit délinquant qui, dans sa vie, va d’échec en échec. Ces deux là ne s’entendent pas très bien, car Ariel a toujours besoin de l’aide de sa sœur et elle, ne le supporte plus. Mais cette fois ci Manon va se retrouver embarqué malgré elle, dans une aventure très sérieuse, qui va la mener dans un tourbillon de massacres, d’horreurs, de terreurs et d’atrocités. Avec son frère Ariel ils vont devoir faire face à une secte satanique d’une très grande ampleur, un ennemi invisible qui dispose de membres dans tout les rangs de la société ! Heureusement ils vont pouvoir compter sur le soutien du capitaine Franck Raynal.

L’auteur nous plonge dans un univers envoutant, il arrive à nous faire vivre cette aventure à 100 %. Il n’y a aucun temps mort. Cédric Sire a une écriture très simple et fluide qui est captivante et addictive. Les chapitres sont courts et les retournements de situations s’enchaînent à un rythme fou. Ce qui fait la force de ce thriller ce sont tout ces mystères autour de cette secte secrète qui s’adonne à des sacrifices et des chasses à l’homme, une ambiance glauque et étouffante, et un duo explosif entre frère et soeur prit dans un engrenage qui va littéralement les dépasser. Entre satanisme, mensonges et corruption on est servi. Et quel dénouement ! Je n’en dirai pas plus.

Je tiens également à saluer le gros travail de recherche de l’auteur pour rendre son histoire le plus réaliste possible. Et il faut rajouter qu’il existe une part de vérité dans ce roman car le « Hellfire » un club anglais créé par Sir John Dashwood au 18ème siècle a vraiment existé !

Bien sûr quand on s’apprête à lire un livre de Cédric Sire il faut vraiment avoir le cœur bien accroché, donc âmes sensibles s’abstenir. Pour ma part c’est mon premier et je dois dire que j’ai vraiment apprécié, non pas pour le côté cruel et gore, mais pour le côté efficace de ce thriller. Il faut bien avouer qu’il excelle dans son domaine et que sans conteste il est à classer parmi les tout meilleurs dans le domaine du thriller français.

Résumé de l’éditeur :

Manon maquille les cadavres, Ariel maquille les voitures. Elle est thanatopractrice, il est délinquant. Ils sont frère et soeur. Un jour, l’une des combines d’Ariel tourne mal
et Manon se retrouve complice malgré elle. Lorsque les assassinats les plus sordides s’accumulent autour d’eux, traçant un jeu de piste sanglant vers une secte satanique, le capitaine Raynal s’intéresse à leur cas. Commence alors une traque qui brouillera
les limites entre alliés et prédateurs et mettra à l’épreuve les liens du sang.

Cédric Sire – Du feu de l’enfer (Editions Presses de la Cité 09/03/2017).

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