Crystal City

Chronique :

Cela fait plus de quinze ans déjà que Hervé Claude écrit des polars. Ils ont toujours pour décor l’Australie, un pays qu’il connaît très bien car il y vit deux mois dans l’année. Bien entendu Hervé Claude est très connu car il a présenté le journal sur France 2 de 1975 à 1994, mais là nous parlons que de l’auteur de romans. Crystal City nous emmène dans le désert du côté de Perth au Nord-Ouest de l’Australie. crystal city.jpg

Un mineur est tué dans les mines de Gujura. Doutant de la version de la police, Ross l’intendant de la mine, décide de faire appel à son ami Anthony Argos, un journaliste marginal, rondouillard et gay. Il va faire son enquête à sa manière et suivre son instinct pour essayer de découvrir ce qu’il se cache derrière cette mort. On est littéralement pris par le décor, l’ambiance est magnifiquement retranscrite. On sent cette chaleur extrême dans ces mines en plein désert.

On découvre les Bogans, ces ouvriers qui travaillent à la mine et qui sont très bien payés, mais qui vivent dans des conditions hostiles et en pleine autarcie. Leurs activités sur place se limite à l’alcool, la violence et la drogue.

Hervé Claude alterne les chapitres concernant l’intrigue et l’enquête avec des chroniques écrites par Argos pour le journal « The West Tribune » où il dénonce tout les drames liés à la méthamphétamine. L’écriture est agréable et l’enquête est bien construite.

C’est un roman noir très bien documenté qui nous montre un côté très sombre et très méconnu de la société australienne. Je lirai la suite de cette trilogie avec plaisir.

Résumé de l’éditeur :

« Il y a une mine, au nord-ouest de l’Australie, où un meurtre a été commis. Mais ce meurtre n’était qu’un des nombreux symptômes d’une maladie en train de se répandre comme une peste sur tout le pays. »
 Un désert, isolé du monde. L’ouvrier d’une mine, véritable prison surchauffée, est assassiné. Son chef, atterré par le manque d’intérêt manifeste de la police locale, décide d’appeler son vieil ami, Anthony Argos.
C’est un journaliste marginal et pugnace sous des allures d’ours ­débonnaire. Curieux de découvrir un lieu aussi ­insolite qu’une mine au cœur de l’outback australien, il ­accepte de se mêler de cette affaire… à ses risques et ­périls !
 Très vite, il comprend que tous les fils de l’enquête sont liés à la drogue, à ses trafiquants et aux ravages que la ­méthamphétamine – et le crystal en particulier – inflige à tout le pays. Une enquête habilement menée dans les milieux les plus sombres du continent.

 

Hervé Claude – Crystal City (L’Aube/Noir 06/10/2016)

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En lieux sûrs

Merci aux éditions Belfond pour cette lecture.

Chronique :

Linwood Barclay est un auteur canadien très connu et reconnu. Mais je n’ai encore jamais lu aucun de ses livres, c’est désormais chose faite. « En lieux sûrs » est en quelque sorte une suite de « Cette nuit-là ». Mais les deux livres peuvent très bien se lire indépendamment l’un de l’autre. en lieux sûrs

On y retrouve donc quelques personnages principaux. Tout d’abord la famille Archer qui est composé de Terry le père, professeur de littérature, Cynthia sa femme qui travaille pour le département de la santé et leur fille Grace. Vince et sa bande de malfrats, ainsi que Jane sa belle-fille. Tout commence un soir, lorsque que Stuart le copain de Grace l’emmène dans une maison dont il sait que les propriétaires sont absents, pour faire un tour avec la Porsche qui se trouve dans le garage. Mais rien ne va se passer comme prévu, pour les deux ados, il y avait bien quelqu’un dans cette maison. Mais qui et pour y faire quoi ? Grace et ses parents vont se retrouver mêlé à une histoire dont ils n’imaginent pas l’ampleur. Ils n’ont pas le choix, ils vont devoir collaborer avec des criminels. Et Terry est vraiment prêt à tout pour sauver sa fille.

Chaque chapitre apporte son lots de rebondissements. Des innocents vont se retrouver dans des situations où il n’y a plus de frontières entre le bien et le mal. L’intrigue est originale, les personnages sont très travaillés, le suspense et l’action sont en place.

Un thriller agréable où l’épilogue est vraiment bien réussi. Je relirai avec plaisir un livre de cet auteur.

Résumé de l’éditeur :

La famille Archer est au bord de l’implosion. Grace, quatorze ans, ne supporte plus l’attitude surprotectrice de ses parents ; Cynthia, la mère, a des bouffées d’angoisse ; quant à Terry, le père, il ne sait plus comment faire pour maintenir un semblant de cohésion et de dialogue.
Une famille comme toutes les autres confrontée à la crise d’adolescence ? Pas si sûr. Car les Archer reviennent de loin. Cynthia, surtout, qui a vécu un drame destructeur au même âge que sa fille et sent remonter en elle le souvenir de cette nuit où toute sa famille a disparu.
Un week-end, après une énième dispute, par jeu, par défi, par inconscience, Grace et son petit ami s’introduisent dans une maison, en apparence banale. En apparence seulement, puisqu’il s’agit en réalité de la cache d’un mafieux local. Sans le vouloir, Grace vient de mettre le pied dans un piège fatal.
Et, pour Cynthia, le cauchemar recommence. Vingt ans après, l’histoire se répète…

Linwood Barclay – En lieux sûrs (Belfond/Noir 02/03/2017) traduit de l’anglais (Canada) par Renaud Morin.

Son titre original est « No Safe House » (2014).

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Forum du livre à Saint-Louis 2017

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Ce week-end j’ai été au Forum du livre à Saint-Louis où j’ai pu croiser des auteurs de polar. J’ai fait de belles rencontres avec des auteurs aussi talentueux qu’accessibles.

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Avec l’Islandais Ragnar Jonasson, le successeur du très célèbre Indridason.

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Avec le couple très chaleureux, Jérôme Camut et Nathalie Hug, les célèbres auteurs de la série W3.

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Avec Hervé Claude, très accessible et très gentil, pour un voyage vers l’Australie.

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Avec le très jovial Nicolas Beuglet comme le démontre sa dédicace pleine d’humour.

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Le Silence pour toujours

Merci aux éditions Payot et Rivages pour cette lecture.

Chronique :

Stuart Neville est connu pour être l’auteur de « Les fantômes de Belfast » où apparaît pour la première fois l’inspecteur Jack Lennon.  » Le Silence pour toujours » est le 4ème opus de cette série. Direction Belfast la capitale de l’Irlande du Nord. le silence pour toujours

On retrouve l’inspecteur Jack Lennon personnage poissard et un peu ambiguë dans un sale état, (il a reçu trois balles lors du dernier roman « Ames volées »). Sa vie est devenu cauchemardesque, il va mal tant au niveau physique que mental. Il est devenu accro aux antalgiques et Susan sa compagne ne le supporte plus. L’inspecteur chef Serena Flanagan, une femme d’une quarantaine d’années ayant la réputation d’être une dur à cuire va le soupçonner de meurtre. Mais elle-même passe un mauvais moment, elle vient d’apprendre qu’elle a un cancer et ne sait pas comment l’annoncer à son mari. C’est finalement ensemble que les deux vont dénouer cette enquête.

Stuart Neville nous plongent dans l’Irlande profonde, celle qui est sombre et sanglante. On ressent la société irlandaise encore meurtrie par son passé et son histoire de guerre civile qui a déchiré ce pays. Les personnages sont très touchants. L’écriture est très fluide et on est littéralement transporté en Irlande du Nord.

Ce roman est un mélange de manipulations, de corruptions, de souffrance et de tendresse. L’intrigue est sombre et captivante, un très bon roman noir comme je les adore.

Résumé de l’éditeur :

Après avoir été grièvement blessé dans une fusillade, l’inspecteur Jack Lennon voit sa vie partir à la dérive. Un jour, Rea Carlisle, une ex-petite amie, lui demande de l’aide. Rea, fille d’un politicien influent, a hérité de la maison d’un oncle qu’elle n’a jamais vraiment connu. En triant les affaires du défunt, elle tombe sur un album relié en cuir. Son contenu la remplit d’effroi. Page après page, elle découvre un catalogue de meurtres avec mèches de cheveux, ongles et autres souvenirs macabres. Impossible pour elle d’aller trouver la police, vu la position de son père ; mais au moment où elle s’apprête à rencontrer Jack Lennon, l’album disparaît…
Les terribles fantômes de Belfast n’ont pas fini de hanter les vivants.

Stuart Neville – Le Silence pour toujours (Rivages/Thriller 04/01/2017) traduit de l’anglais (Irlande) par Fabienne Duvigneau.

Son titre original est « The Final Silence » (2014).

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Seules les bêtes

Un grand merci aux éditions du Rouergue pour cette lecture.

Chronique :

« Seules les bêtes » est le quatrième roman de Colin Niel. Après la trilogie en Guyane, il nous embarque dans les Causses au coeur de la France rurale. C’est un roman choral en cinq actes. L’auteur adopte cette technique narrative pour son récit car il va croiser les destinés de cinq personnages. seules les bêtes

Evelyne Ducat, épouse d’un homme d’affaire qui a fait fortune à Paris, et qui est revenu habiter dans sa ville natale, a mystérieusement disparu lors d’une randonnée. Les recherches commencent; la tempête, une mauvaise rencontre, un acte de vengeance, les gendarmes ne savent pas quelle piste ils doivent privilégiés. Cinq personnes vont alors nous raconter leur vérité à tour de rôle. Alice, assistante sociale qui aide les agriculteurs en difficulté, Joseph, éleveur de brebis, dépressif suite au décès de sa mère ainsi que trois autres personnages dont je ne révélerai pas le nom au risque d’en dire trop. Ils ont tous un lien avec la disparition d’Evelyne Ducat et vont donner leur version des faits et faire avancer à leur manière l’intrigue jusqu’au dénouement final.

On est littéralement happé par l’environnement de chacun des personnages grâce aux paysages que l’auteur arrive à retranscrire à merveille. Colin Niel nous plonge au cœur même des vies des différents protagonistes.

« Seules les bêtes » c’est l’histoire de plusieurs vies qui se croisent, mais chacun sa solitude, son histoire, sa voix et son langage. Ce roman aborde avec beaucoup de justesse, l’isolement, le travail et la grande solitude d’une partie du milieu paysan.

C’est un roman noir déroutant d’une rare puissance qui est maitrisé du début à la fin. C’est une vrai réussite, je dis BRAVO Monsieur Niel.

Résumé de l’éditeur :

Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d’un sentier de randonnée qui fait l’ascension vers le plateau où survivent quelques fermes habitées par des hommes seuls. Alors que les gendarmes n’ont aucune piste et que l’hiver impose sa loi, plusieurs personnes se savent pourtant liées à cette disparition. Tour à tour, elles prennent la parole et chacune a son secret, presque aussi précieux que sa propre vie. Et si le chemin qui mène à la vérité manque autant d’oxygène que les hauteurs du ciel qui ici écrase les vivants, c’est que cette histoire a commencé loin, bien loin de cette montagne sauvage où l’on est séparé de tout, sur un autre continent où les désirs d’ici battent la chamade.
Avec ce roman choral, Colin Niel orchestre un récit saisissant dans une campagne où le monde n’arrive que par rêves interposés. Sur le causse, cette immense île plate où tiennent quelques naufragés, il y a bien des endroits où dissimuler une femme, vivante ou morte, et plus d’une misère dans le cœur des hommes.

Colin Niel – Seules les bêtes (Rouergue/Noir 04/01/2017)

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