Ne fais confiance à personne

Un grand merci aux Editions Sonatine pour cette lecture.

Chronique :

Je découvre enfin Paul Cleave, auteur Néo-Zélandais très célèbre, avec son dernier roman Ne fais confiance à personne. C’est parti pour un thriller psychologique. Direction Christchurch en Nouvelle-Zélande. paul-cleave-ne-fais-confiance-c3a0-personne-sonatine

On fait la connaissance de Jerry Gray mieux connu sous le pseudonyme de Henry Cutter, auteur prolifique de romans policier. Il est marié à Sandra, ensemble ils ont une fille Eva qui va bientôt se marier et qui réussit à vivre de sa musique. La vie de Jerry bascule lorsqu’à 49 ans il apprend qu’il est atteint d’un Alzheimer précoce, « le capitaine A » comme il appellera lui même sa maladie. Lorsque celle-ci s’installe, il ne sait plus vraiment  qui il est et mélange ses écrits de fiction avec la réalité. Il va même se mettre à affirmer qu’il a tué plusieurs femmes. Mais bien sûr personne ne le prend au sérieux avec sa maladie et connaissant son métier. L’histoire oscille continuellement entre la réalité actuelle du Jerry au présent cloîtré dans une maison de santé et les extraits  de ses écrits dans son « carnet de la folie » dans lequel il s’adresse au Jerry du futur. On est en plein cœur de cette maladie qui ronge la vie de Jerry et on ressent à quel point c’est horrible à vivre. La perte de la mémoire, l’oubli de son passé et des choses auxquelles on tient le plus, est très certainement l’une des choses les plus terrifiantes qui puissent nous arriver!

Quel travail de recherche impressionnant de l’auteur, pour maîtriser et faire ressortir cette pathologie sans tomber dans l’excès et les clichés. J’ai beaucoup aimé la plume de Paul Cleave. Il joue avec le lecteur afin de semer le trouble. On ne sait plus vraiment qui croire ou pas. Car entre réalité et fiction, la frontière est difficile à percevoir. D’où l’excellent titre du livre Ne fais confiance à personne !

La force de ce roman passe par la plongée au sein même de cette pathologie. Paul Cleave a su rendre ce récit d’un réalisme implacable. Il alterne parfaitement les moments de lucidité et de confusion qui rythme la vie des personnes atteintes de cette maladie. C’est un roman réussi et maîtrisé de bout en bout. Je lirai avec plaisir ses autres romans. C’est une belle découverte.

Résumé de l’éditeur :

Il y a pire que de tuer quelqu’un : ne pas savoir si on l’a tué. Les auteurs de thrillers ne sont pas des personnes très fréquentables. Ils jouent du plaisir que nous avons à lire d’abominables histoires, de notre appétit pour des énigmes qui le plus souvent baignent dans le sang. Ce jeu dangereux peut parfois prendre des proportions inquiétantes et favoriser un passage à l’acte aux conséquences funestes. Eux les premiers, qui pensent connaître toutes les ficelles du crime parfait, ne sont pas à l’abri de faire de leurs fictions une réalité. Prenez par exemple Jerry Grey, ce célèbre romancier, qui ne sait plus très bien aujourd’hui où il en est. À force d’inventer des meurtres plus ingénieux les uns que les autres, n’aurait-il pas fini par succomber à la tentation ? Dans cette institution où on le traite pour un alzheimer précoce, Jerry réalise que la trame de son existence comporte quelques inquiétants trous noirs. Est-ce dans ses moments de lucidité ou dans ses moments de démence qu’il est persuadé d’avoir commis des crimes ? Quand la police commence à soupçonner les histoires de Jerry d’être inspirées de faits réels, l’étau commence à se resserrer. Mais, comme à son habitude, la vérité se révèlera bien différente et bien plus effroyable que ce que tous ont pu imaginer !

Paul Cleave – Ne fais confiance à personne (Sonatine 31/08/2017) traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Fabrice Pointeau.

Son titre original est « Trust No One » (2015).

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