De cauchemar et de feu

Merci aux Editions Marabout pour cette lecture.

Chronique :

De cauchemar et de feu est déjà le 4ème opus mettant en scène le fameux capitaine Mehrlicht. Nous allons donc retrouver le capitaine et toute son équipe avec grand plaisir. Nous voici partis en direction de Paris et de Derry en Irlande du Nord. de cauchemar et de feu

Dans ce roman on est plongé au coeur même de la guerre civile et religieuse dans les années 70 en Irlande du Nord. L’auteur aborde extrêmement bien deux époques dans deux pays différents. On est complètement happé par l’histoire. Le capitaine Mehrlicht, pour ceux qui ne le connaitrait pas encore, est un homme atypique, petit, grognon et cynique , mais très attachant avec un savoir encyclopédique. Et bien sûr il est l’ennemi juré de Julien Lepers… A quelques jours du dimanche de Pâques, voici notre capitaine et son équipe, composé du lieutenant Mickael Dossantos et du lieutenant Sophie Latour, confronté au meurtre d’un homme dans un pub parisien. Bientôt d’autres victimes toutes britanniques vont suivre. A chaque fois le tueur y laisse sa signature, un bonhomme bâton et une phrase en gaélique.  A la manière du petit poucet, l’assassin sème, avec détermination et constance, comme s’il n’avait plus rien à perdre. Les enquêteurs vont se retrouver sur les chemins douloureux de l’Irlande, de l’IRA, d’un peuple déchiré. Ils vont recevoir le renfort du Superintendant Tullamore, un expert envoyé par Scotland Yard.

Le passé va également rattraper le lieutenant Dossantos, quelqu’un va s’en prendre au fiancé de Sophie Latour et le capitaine va enfin faire le deuil de sa femme. C’est un polar très engagé qui parle de choses réels qui sont malheureusement encore d’actualités. En parlant de religion, de guerre, de la folie des humains et de vengeance, ce roman nous informe, nous fait réfléchir et en même temps nous effraye,

L’auteur n’hésite pas non plus à écorcher de temps à autre, les politiciens, la police ainsi que les médias. Le style est très bon, avec beaucoup d’humour. Nicolas Lebel manie notre langue avec beaucoup de classe, dans ce roman il est à la fois, conteur et historien. L’histoire est très riche et très bien documenté, le travail de documentation est gigantesque sur cette époque, ce pays, la religion, etc…

Vous vous en doutez, c’est un roman que je vous recommande absolument. J’ai pris un énorme plaisir à le lire. C’est un gros coup de cœur. C’est très fort de pouvoir mélanger autant de sujets et garder tant de suspense à la fois.

Quel talent !  Nicolas Lebel à vraiment tout d’un grand !  Je n’ai qu’une chose à rajouter :  BRAVO et MERCI Monsieur LEBEL.

Résumé de l’éditeur :

Paris, jeudi 24 mars 2016  : à quelques jours du dimanche de Pâques, le cadavre d’un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.
À l’autopsie, on découvre sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent ses épaules  : IRA.
Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste irlandais en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. D’autant que ce conflit irlandais remonte un peu.

Dans ce quatrième opus, Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage, et revient aujourd’hui rallumer les feux de la discorde à travers la capitale.

Nicolas Lebel – De cauchemar et de feu (Marabout 03/05/2017).

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Crystal City

Chronique :

Cela fait plus de quinze ans déjà que Hervé Claude écrit des polars. Ils ont toujours pour décor l’Australie, un pays qu’il connaît très bien car il y vit deux mois dans l’année. Bien entendu Hervé Claude est très connu car il a présenté le journal sur France 2 de 1975 à 1994, mais là nous parlons que de l’auteur de romans. Crystal City nous emmène dans le désert du côté de Perth au Nord-Ouest de l’Australie. crystal city.jpg

Un mineur est tué dans les mines de Gujura. Doutant de la version de la police, Ross l’intendant de la mine, décide de faire appel à son ami Anthony Argos, un journaliste marginal, rondouillard et gay. Il va faire son enquête à sa manière et suivre son instinct pour essayer de découvrir ce qu’il se cache derrière cette mort. On est littéralement pris par le décor, l’ambiance est magnifiquement retranscrite. On sent cette chaleur extrême dans ces mines en plein désert.

On découvre les Bogans, ces ouvriers qui travaillent à la mine et qui sont très bien payés, mais qui vivent dans des conditions hostiles et en pleine autarcie. Leurs activités sur place se limite à l’alcool, la violence et la drogue.

Hervé Claude alterne les chapitres concernant l’intrigue et l’enquête avec des chroniques écrites par Argos pour le journal « The West Tribune » où il dénonce tout les drames liés à la méthamphétamine. L’écriture est agréable et l’enquête est bien construite.

C’est un roman noir très bien documenté qui nous montre un côté très sombre et très méconnu de la société australienne. Je lirai la suite de cette trilogie avec plaisir.

Résumé de l’éditeur :

« Il y a une mine, au nord-ouest de l’Australie, où un meurtre a été commis. Mais ce meurtre n’était qu’un des nombreux symptômes d’une maladie en train de se répandre comme une peste sur tout le pays. »
 Un désert, isolé du monde. L’ouvrier d’une mine, véritable prison surchauffée, est assassiné. Son chef, atterré par le manque d’intérêt manifeste de la police locale, décide d’appeler son vieil ami, Anthony Argos.
C’est un journaliste marginal et pugnace sous des allures d’ours ­débonnaire. Curieux de découvrir un lieu aussi ­insolite qu’une mine au cœur de l’outback australien, il ­accepte de se mêler de cette affaire… à ses risques et ­périls !
 Très vite, il comprend que tous les fils de l’enquête sont liés à la drogue, à ses trafiquants et aux ravages que la ­méthamphétamine – et le crystal en particulier – inflige à tout le pays. Une enquête habilement menée dans les milieux les plus sombres du continent.

 

Hervé Claude – Crystal City (L’Aube/Noir 06/10/2016)

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Seules les bêtes

Un grand merci aux éditions du Rouergue pour cette lecture.

Chronique :

« Seules les bêtes » est le quatrième roman de Colin Niel. Après la trilogie en Guyane, il nous embarque dans les Causses au coeur de la France rurale. C’est un roman choral en cinq actes. L’auteur adopte cette technique narrative pour son récit car il va croiser les destinés de cinq personnages. seules les bêtes

Evelyne Ducat, épouse d’un homme d’affaire qui a fait fortune à Paris, et qui est revenu habiter dans sa ville natale, a mystérieusement disparu lors d’une randonnée. Les recherches commencent; la tempête, une mauvaise rencontre, un acte de vengeance, les gendarmes ne savent pas quelle piste ils doivent privilégiés. Cinq personnes vont alors nous raconter leur vérité à tour de rôle. Alice, assistante sociale qui aide les agriculteurs en difficulté, Joseph, éleveur de brebis, dépressif suite au décès de sa mère ainsi que trois autres personnages dont je ne révélerai pas le nom au risque d’en dire trop. Ils ont tous un lien avec la disparition d’Evelyne Ducat et vont donner leur version des faits et faire avancer à leur manière l’intrigue jusqu’au dénouement final.

On est littéralement happé par l’environnement de chacun des personnages grâce aux paysages que l’auteur arrive à retranscrire à merveille. Colin Niel nous plonge au cœur même des vies des différents protagonistes.

« Seules les bêtes » c’est l’histoire de plusieurs vies qui se croisent, mais chacun sa solitude, son histoire, sa voix et son langage. Ce roman aborde avec beaucoup de justesse, l’isolement, le travail et la grande solitude d’une partie du milieu paysan.

C’est un roman noir déroutant d’une rare puissance qui est maitrisé du début à la fin. C’est une vrai réussite, je dis BRAVO Monsieur Niel.

Résumé de l’éditeur :

Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d’un sentier de randonnée qui fait l’ascension vers le plateau où survivent quelques fermes habitées par des hommes seuls. Alors que les gendarmes n’ont aucune piste et que l’hiver impose sa loi, plusieurs personnes se savent pourtant liées à cette disparition. Tour à tour, elles prennent la parole et chacune a son secret, presque aussi précieux que sa propre vie. Et si le chemin qui mène à la vérité manque autant d’oxygène que les hauteurs du ciel qui ici écrase les vivants, c’est que cette histoire a commencé loin, bien loin de cette montagne sauvage où l’on est séparé de tout, sur un autre continent où les désirs d’ici battent la chamade.
Avec ce roman choral, Colin Niel orchestre un récit saisissant dans une campagne où le monde n’arrive que par rêves interposés. Sur le causse, cette immense île plate où tiennent quelques naufragés, il y a bien des endroits où dissimuler une femme, vivante ou morte, et plus d’une misère dans le cœur des hommes.

Colin Niel – Seules les bêtes (Rouergue/Noir 04/01/2017)

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Un chinois à Paris

Merci aux Éditions Stock pour cette lecture.

Chronique :

Après « Aurora » un thriller géopolitique, « Un chinois à Paris » est le second roman policier de Vincent Peillon, ancien ministre socialiste de l’Education de 2012 à 2014. un chinois à paris

 

L’intrigue se déroule durant les fêtes de fin d’années. Direction la capitale où l’on va faire la connaissance du commissaire Benoit Bloom, un homme solitaire, amateur d’opéra et de gin !  Le soir du réveillon à Belleville un travesti chinois est retrouvé mutilé et énuclée dans un costume de l’Opéra de Pékin. Ce ne sera que le premier d’une longue liste… L’enquête va s’avérer très complexe pour l’équipe du commissaire Bloom. C’est un roman mêlant mafias chinoises, espionnage, trafiquants d’armes, politiciens corrompues. On sent vraiment que l’auteur sait de quoi il parle, c’est un polar très bien écrit et très bien documenté. Il le prouve en alternant enquête de meurtres sadiques et conflit géopolitique internationale.

J’ai bien aimé lire ce roman, mais malgré cela il m’a manqué cette folie, ce petit plus qui fait qu’on va vraiment accrocher et s’attacher aux personnages.

Résumé de l’éditeur :

24 décembre, 36 quai des Orfèvres. Dans la cour où la nuit tombe, seul le sapin de Noël tient droit. Le commissaire Bloom, lui, titube, comme le monde qui l’entoure.
Une bouteille de gin, un bon livre et des sonates de Bach sont les seuls compagnons qu’il désire pour ce réveillon. Mais cette soirée idyllique est vite interrompue par un appel : une prostituée transsexuelle a été retrouvée morte à Belleville, maquillée et vêtue d’un somptueux costume de l’Opéra de Pékin. Que signifie cette mise en scène ? À qui s’adresse-t-elle ?
Les cadavres de divas travesties commencent à s’additionner dans les rues de Paris. Alors que ses supérieurs semblent privilégier la piste du règlement de comptes entre mafias chinoises, le commissaire Bloom en flaire une autre. Celle-ci pourrait bien le conduire où personne ne souhaite qu’il aille, jusqu’aux plus hautes sphères de l’État…

Vincent Peillon – Un chinois à Paris (Stock 08/02/2017)

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Kabukicho

Un grand merci aux éditions Viviane Hamy pour cette lecture.

Chronique :

Kabukicho est le dernier roman de Dominique Sylvain. Direction le Japon dans un quartier sulfureux de Tokyo. Autant le dire de suite, j’adore Dominique Sylvain, depuis son premier roman Baka jusqu’à celui-ci. Je suis vraiment conquis. couverture Kabukicho.indd

Tout d’abord on fait la connaissance de Yudai, le charismatique N°1 des hôtes et gérant du Café Château. Puis de Kate Sanders une belle anglaise, qui est l’hôtesse la plus en vue du Club Gaïa. Malgré le milieu dans lequel ils baignent, ces deux là sont faits pour s’entendre et vont devenir de très bons amis. Mais Kate vient à disparaître. Son père Jason Sanders qui vit en Angleterre reçoit un mystérieux MMS accompagné d’une phrase inquiétante. Il s’inquiète à juste titre et décide de venir au Japon pour la retrouver. Sur place il va faire  connaissance avec sa colocataire Marie une jeune française. S’en suivra une enquête très complexe pour le capitaine Yamada, qui sera chargé d’enquêter sur la disparition de la jeune femme.

Kabukicho est un quartier sombre mais lumineux, constitué de bars, de love hôtels, de soaplands et autres bordels. C’est un quartier où règnent en maître les yakuzas et la mafia japonaise. On se retrouve vraiment plongé dans ce pays avec ses codes, ses secrets, ses règles et ses relations. Comme le résume bien l’auteur dans le livre « Le Japon est une gigantesque usine à règles »…

La construction de l’intrigue est parfaite, Dominique Sylvain a choisi d’alterner les points de vue des différents protagonistes et de faire des chapitres assez courts. On sent bien que l’auteur nous transmets sa connaissance et sa culture du Japon, pays dans lequel elle a habitée plusieurs années. Ce qui rend d’ailleurs le récit très réaliste.

Ce roman est une véritable réussite, l’histoire est passionnante, je vous invite à plonger dans l’univers nippon de Dominique Sylvain, vous ne serez vraiment pas déçu.

Résumé de l’éditeur :

À la nuit tombée, Kabukicho, sous les néons, devient le quartier le plus sulfureux de la capitale nipponne. Au coeur de ce théâtre, les faux-semblants sont rois, et l’art de séduire se paye à coup de gros billets et de coupes de champagne. Deux personnalités dominent la scène : le très élégant Yudai, dont les clientes goûtent la distinction et l’oreille attentive, et Kate Sanders, l’Anglaise fascinante, la plus recherchée des hôtesses du Club Gaïa, l’un des derniers lieux où les fidèles apprécient plus le charme et l’exquise compagnie féminine que les plaisirs charnels.
Pourtant, sans prévenir, la jeune femme disparaît. Le piège de Kabukicho s’’est-il refermé ? À Londres, son père reçoit sur son téléphone portable une photo où elle apparaît, les yeux clos, suivie de ce message : « Elle dort ici.» Bouleversé, mais déterminé à retrouver sa fille, Sanders prend le premier avion pour Tokyo, où Marie, colocataire et amie de Kate, l’aidera dans sa recherche. Yamada, l’imperturbable capitaine de police du quartier de Shinjuku, mènera quant à lui l’’enquête officielle.
Entre mensonges et pseudo-vérités, il sera difficile de démêler les fils d’une manipulation démoniaque ; pour le plus grand plaisir du lecteur.

Dominique Sylvain – Kabukicho (Viviane Hamy 06/10/2016)

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