La Chambre d’ami

Un grand merci aux Editions Sonatine pour cette lecture.

Chronique :

C’est le premier roman que je lis de cet auteur. La Chambre d’ami de James Lasdun, nous emmène aux USA dans la ville d’Aurelia. Cela ressemble à un huis clos avec trois personnages principaux. chambre-dami-L-QFZOHr

On fait la connaissance de Charlie, mari de Chloé, qui invite son cousin Matthew à passer tout l’été dans leur luxueuse villa situé dans les montagnes des Catskill dans l’Etat de New-York. Charlie est un riche banquier à qui tout semble réussir et ayant pleins de projets. Matthew lui, est un cuisinier très doué mais n’a aucune ambition sociale et il semble un peu perdu. Chloé la femme de Charlie est une femme raffinée et séduisante ancienne photographe et passionnée de yoga. Elle s’entend très bien avec Matthew avec qui elle affiche une grande complicité. Même si ce dernier à des sentiments un peu plus confus envers elle. Leur cohabitation très saine au début va vite devenir plus pesante, tendu au fur et à mesure que l’été avance. Chacun va faire des découvertes sur l’autre, chacun va se sentir trahit et incompris. Les mensonges, les disputes et les trahisons vont s’intensifier. Lorsque Matthew fera la découverte de trop, les masques vont tomber petit à petit et le passé va ressurgir brutalement.

L’intrigue est très longue à se mettre en place, on a du mal à rentrer dedans. Je n’ai pas été convaincu par la première partie du roman. Après cela s’arrange et la lecture devient plus prenante, l’atmosphère est sombre et pesante. Le rythme est lent, mais l’écriture est fluide et dense.

Dans ce roman on est finalement tellement manipulé par l’auteur qu’on en vient à se demander qui est vraiment fautif, quels sont les torts de chacun, on en sait trop rien. On ne sais même pas à quel dénouement s’attendre. Au final j’ai moyennement apprécié ce roman.

Résumé de l’éditeur :

Imaginez un cadre de rêve : une luxueuse résidence d’été au milieu des montagnes.
Placez-y un trio de personnages troubles : Charlie, un riche banquier new-yorkais, sa femme Chloé et Matthew, le cousin de Charlie, un cuisinier dont l’existence part un peu à la dérive.
Le décor est posé, les pièces sur l’échiquier. En dire plus serait criminel.
Passion, drame, trahison, adultère, meurtre : rien ne manquera à votre plaisir.

Avec cette peinture d’un couple bourgeois qui, sous des apparences parfaites, recèle bien des secrets et des mensonges, James Lasdun évoque à la fois les univers de Françoise Sagan, de Claude Chabrol et de Patricia Highsmith. Autant dire que le suspense, l’intelligence et le plaisir sont au rendez-vous de ce roman aux rebondissements multiples, où chacun est à la fois coupable et victime de sa nature profonde. Un délice.

James Lasdun – La Chambre d’ami (Sonatine 09/03/2017) traduit de l’anglais par  Claude et Jean Demanuelli.

Son titre original est « The Fall Guy » (2016).

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Soleil Rouge

Un grand merci aux éditions Gallmeister pour l’envoi de ce roman.

Chronique :

Soleil Rouge est le second roman de Matthew McBride. Ce livre nous emmène dans la campagne du Missouri, dans le comté de Gasconade, gangréné par la violence et le trafic de drogue. soleil-rouge

Le shérif adjoint Dale Banks est un homme droit et un bon père de famille. Mais lors d’une intervention, il découvre de l’argent dans un mobil-home pourri qui sert de labo pour faire de la méthamphétamine. Il n’hésite pas à s’en emparer et se dit qu’il va mettre sa famille à l’abri du besoin. En même temps il est conscient qu’il risque très gros en prenant l’argent des trafiquants.

Les personnages sont pour la plupart fous et malsains, comme le Révérant qui est un gros malade et qui se prend pour un élu de Dieu !
Ce livre est un mélange de violence, de drogue, de réalité, de flics pourris et de fous. L’auteur nous décrit une société complètement pourri et corrompu par la drogue. On assiste au déclin de tout le comté. Personne ne peut plus faire confiance et tout les gens se méfie de tout le monde.

Dommage que le dénouement ne sois pas très abouti et que l’histoire manque un peu d’originalité. Soleil Rouge est un roman que je conseil uniquement aux amateurs de roman noir rural.

Résumé de l’éditeur :

Dans le comté de Gasconade, la méthamphétamine dicte sa loi. Les paumés, les ouvriers, les banquiers y sont accros. On la fabrique dans les garages, les remises ou les chambres d’enfants. Même les flics se laissent parfois tenter. Et lorsque le shérif adjoint Dale Banks découvre 52 000 $ cachés dans le mobile home d’un trafiquant de drogue, il ne résiste pas et s’empare de l’argent. Banks a beau avoir agi pour de bonnes raisons, il devra tout faire pour se sortir de ce mauvais pas, car le dealer et ses associés, parmi lesquels un révérend illuminé et violent, ne sont pas du genre à partager.

Avec ce roman sans concession, Matthew McBride nous emmène à travers les plaines du Missouri où même les vastes paysages ne parviennent pas à apaiser les âmes.

Matthew McBride – Soleil Rouge (Gallmeister/Néo Noire 03/01/2017) traduit de l’anglais par Laurent Bury.

Son titre original est « A Swollen Red Sun » (2014).

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Pour le meilleur et pour le pire

Chronique :

C’est le second roman mettant en scène le privé Varg Veum. Ce roman se situe à la fin des années 1970. Varg Veum est un ancien assistant social qui a divorcé et qui tourne à l’Aquavit. Il est le détective à l’image « anti-héros » et solitaire qui se trouve toujours au mauvais endroit au mauvais moment. pour-le-mielleur-et-pour-le-pire

Notre détective n’ayant pas grand chose à faire, va rendre service à Roar un jeune garçon de 8 ans. Il va aller lui récupérer son vélo qui lui a été volé par Joker un malfrat sans repères qui fait régner sa loi avec sa bande dans une banlieue de Bergen. S’en suivra une multitude de rencontres, mais l’histoire va très vite se compliquer lorsque Wenche Andresen, la mère de Roar, sera accusée d’un meurtre. L’intrigue est somme toute banale et le dénouement n’est pas des plus surprenant mais Gunnar Staalesen reste dans le réel, le quotidien, l’intime. Il a voulu nous parler de la ville, de la banlieue et de ses habitants. Ce livre est prétexte à des réflexions sur l’amour, le couple, l’adultère ainsi que la solitude.

Ce roman nous permet également de mieux comprendre et cerner ce personnage très complexe qu’est Varg Veum. L’auteur mélange avec un grand talent l’humour, la poésie et le cynisme. Le ton sonne juste. C’est un roman noir très correct.

Résumé de l’éditeur :

 » Nous avons Roar. Tu sais où tu peux le trouver. Si tu préviens les flics, on le tue.  » Varg Veum, ancien salarié à la protection de l’enfance du port de Bergen, devenu détective privé par défaut et détesté des forces de police, n’avait pas besoin de cette nouvelle affaire de kidnapping pour nourrir son vague à l’âme. Roar n’a pas dix ans. Les ravisseurs, menés par un adolescent psychopathe, n’ont plus guère de limites. Tous vivent dans des tours aux galeries sans fenêtre, aux sous-sols murés et trichent, en périphérie de la ville, avec un avenir sans lendemain. Veum, en s’enfonçant dans cette réalité, va une nouvelle fois donner toute la mesure de son humanisme. D’autant que quelques heures plus tard, c’est à la mère de Roar d’être accusée de meurtre…

Gunnar Staalesen – Pour le meilleur et pour le pire (Gaïa/Polar 2002, 2012), (Folio Policier 2005) traduit du Norvégien par Elisabeth Tangen et Alexis Fouillet.

Son titre original est « Din, til døden » (1979).

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Shutter Island

Chronique :

Bienvenue dans l’univers de Dennis Lehane. Qu’on se le dise Shutter Island est vraiment un roman à part. Dans un climat d’après-guerre on est plongé dans le milieu psychiatrique. shutter-island

L’intrigue se passe sur une île isolée avec une tempête maritime qui s’approche. L’auteur nous embarque dans un huit-clos étouffant. Plus de moyen de communication, des docteurs très douteux et des bâtiments interdit d’accès. C’est dans ces conditions là que deux Marshall doivent retrouver une patiente qui a disparu de l’hôpital psychiatrique Ashcliffe. Teddy et son nouveau coéquipier Chuck vont mener une enquête et tenter de déchiffrer les codes laissé par Rachel Solando la patiente qui a mystérieusement disparu. Mais le personnel n’est pas très coopérant. Entre mensonges, dissimulations, cauchemars et angoisse l’ambiance devient oppressante. Et quand surgit la tempête ils vont se retrouver bloqué sur l’île !

L’auteur réussi à nous entraîner dans une histoire bouleversante. Les descriptions sont parfaites, rien n’est superflue. La tension s’accentue au fil des pages. On se pose des questions sans arrêt jusqu’au dénouement final qui fait froid dans le dos. La fin chacun peut d’ailleurs l’interpréter à sa manière mais on es forcément bousculé par ce dénouement inattendu.

Ce thriller marque le lecteur et est incontournable à mes yeux.  Avec ce roman Dennis Lehane s’impose comme l’un des très grands auteurs de polar.

Résumé de l’éditeur :

Nous sommes dans les années cinquante. Au large de Boston, sur un îlot nommé « Shutter Island » se dresse un groupe de bâtiments à l’allure sinistre. C’est un hôpital psychiatrique dont les patients, tous gravement atteints, ont commis des meurtres. Lorsque le ferry assurant la liaison avec le continent aborde ce jour-là, deux hommes en descendent : le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule. Ils sont venus à la demande des autorités de la prison-hôpital car l’une des patientes, Rachel Solando, manque à l’appel. Comment a-t-elle pu sortir d’une cellule fermée à clé de l’extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre incohérente d’une malade ou cryptogramme ? Au fur et à mesure que le temps passe, les deux policiers s’enfoncent dans un monde de plus en plus opaque et angoissant, jusqu’au choc final de la vérité.

Dennis Lehane – Shutter Island (Rivages/Thriller 09/2003), (Rivages/Noir 09/2009, 11/2014) traduit de l’anglais par Isabelle Maillet.

Son titre original est « Shutter Island » (2003).

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Le faucon de Malte

Chronique :

En 1er lieu il faut reconnaître que ce roman est « un classique du noir ». Il a été précurseur dans son genre et a ouvert la voie à un nouveau genre littéraire.

Ce style a souvent été reproduis par la suite. De nombreux auteurs dont Simenon et Chandler pour ne citer qu’eux, ont avoués avoir été influencé par ce roman pour leurs propres ouvrages. le-faucon-maltais-566370

Son détective privé Sam Spade qui est le personnage principal est devenu une légende adapté au cinéma et interprété par Humphrey Bogart en personne.

Le style est très détaché avec beaucoup de dialogues et de phrases courtes. Il s’apparente à un style cinématographique, tout y est très détaillé. On dirait presque un scénario de film ou une pièce de théâtre.

Sam Spade est un détective habitué aux histoires sombres, c’est un vrai « dur à cuire ». Il est chargé par diverses personnes de retrouver un oiseau très précieux. Il est lui-même très intéressé par le gain de ce mystérieux faucon que tout le monde convoite et aimerai avoir en sa possession. De ce fait il va élaborer sa propre enquête et va se mettre à la recherche de ce dernier.

Tout le monde est contre lui, la police qui l’accuse d’un meurtre, les différents escrocs qui sont à la recherche du faucon noir, ainsi que sa propre cliente qui ne fait que lui mentir. Entre dissimulations, mensonges, meurtres, fausses identités, l’intrigue reste cependant d’une rare complexité.

En conclusion c’est un roman assez plaisant malgré une fin un peu décevante pour moi.

Résumé de l’éditeur :

Beaucoup auraient remué ciel et terre pour se l’approprier, ce faucon. Certains y avaient déjà laissé leur peau. Le détective Miles Archer lui-même y était resté. Il n’était pas de taille à lutter contre le trio équivoque que formaient l’efféminé Joël Cairo, l’éléphantesque Gutman et son jeune protégé Wilmer. Mais l’associé de Miles, Sam Spade, rusé, tenace, entreprenant jusqu’au cynisme, les manoeuvre comme des enfants. Il esquive même de justesse les pièges que lui tend Brigid O’Saughnessy, la fausse ingénue, et touche au but. Mais saura-t-il tirer profit de cette victoire ?

Dashiell Hammett – Le faucon de Malte (Gallimard 1950, 1984), (Folio Policier 1999) traduit par Henri Robillot.

Son titre original est « The Maltese Falcon » (1930).

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