Le Tueur intime

Chronique :

C’est la première fois que je lis un livre de Claire Favan et quelle première ! J’ai choisi de commencer par son tout premier livre « Le Tueur intime » premier opus d’un diptyque consacré à Will Edwards. Nous voici donc parti en direction de Rogers, une petite ville situé dans l’Arkansas, où nous allons suivre les pas d’un tueur en série.

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Dans « Le Tueur intime », Claire Favan nous plonge dans les méandres de la pensée d’un tueur en série. On va suivre son évolution de l’adolescence à sa vie de prédateur. Alors qu’il n’est encore qu’un adolescent craintif et peu sûr de lui, Will Edwards subit moqueries et agressions à l’école, ainsi que des viols de la part de son père. Un beau jour, Samantha une belle jeune fille, veut lui venir en aide sans savoir qu’elle sera l’élément déclencheur de sa folie meurtrière. Car Will va beaucoup changer, bien des années plus tard, il est devenu un séduisant et méticuleux tueur en série ne laissant aucune trace sur son passage. Sa personnalité froide et violente font de cet homme un vrai monstre. Le FBI piétine, les recherches ne mènent à rien. Les deux profiler font fausse route. Mais l’arrivée d’un nouveau profiler prénommé R.J., va leur permettre d’avancer dans la bonne direction.

Les personnages sont très bien travaillés. L’écriture de la personnalité de Will est parfaite, on est vraiment plongé dans la tête d’un tueur en série. À côté de Will Edwards, Samantha et RJ le profiler reprenant l’enquête, sont tout autant maîtrisés. Claire Favan nous malmène tout au long de son livre, honnêtement il faut s’accrocher devant tant de violences physique et psychologique qui offrent des scènes parfois à la limite du supportable.

Vous l’avez compris, ce livre est un vrai coup de cœur ! C’est très judicieux de nous offrir ainsi la naissance d’un tueur en série. Sérieusement si vous n’avez pas encore lu ce livre foncez, j’ai rarement lu un thriller aussi bon. En plus c’est son premier livre…. Alors que dire, appart que non Claire ça ne se voit pas que vous n’avez jamais mis un pied aux USA et que vous n’avez jamais pris un seul cours de psychologie ou criminologie. J’ai hâte de retrouver Will, RJ et Samantha dans « Le tueur de l’ombre ».

Résumé de l’éditeur :

À quinze ans, Will a déjà conscience de sa différence. Solitaire, maltraité, il jette son dévolu sur une de ses camarades de classe. Ce qui n’aurait dû rester qu’une banale amourette devient une véritable obsession pour celui qui se révèle déjà comme un prédateur redoutable. Car Will est un tueur en série en devenir qui se construit pas à pas. Lorsqu’il estime le temps venu de livrer ses victimes au monde, il part sur les routes des États-Unis. Sa signature déroutante ne tarde pas à attirer l’attention du FBI. Pourtant, l’enquête de l’unité spéciale s’enlise. Un nouveau profiler, RJ, arrive alors en renfort dans l’équipe. Tous les espoirs reposent sur lui pour démêler les mises en scène de ce tueur diabolique.

Claire Favan – Le Tueur intime (Editions Les Nouveaux auteurs 2010), (Editions Points 2011)

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Le syndrome E

Chronique :

Après avoir lu « La chambre des morts » et « La mémoire fantôme » avec Lucie Hennebelle, puis « Train d’enfer pour Ange rouge » et « Deuils de miel » avec Franck Sharko quel plaisir de retrouver ces deux personnages réunis dans « le Syndrome E » pour enquêter ensemble. Il est possible de lire ce livre indépendamment mais si vous souhaitez vraiment en apprendre plus sur ces deux personnages, je vous conseil de commencer par les livres cités précédemment. Le-syndrome-E

Alors que Lucie Hennebelle est en congé, elle est contactée par son ex, Ludovic Sénéchal. Il a composé son numéro au hasard, devenu subitement aveugle après avoir visionné un ancien court-métrage datant des années cinquante, qu’il a trouvé chez un collectionneur. En parallèle, Franck Sharko est appelé pour enquêter suite à la découverte de plusieurs cadavres dépouillés de leurs yeux et de leurs boîtes crânienne ouverte. On rentre très facilement dans l’intrigue en se demandant ce que peut bien cacher ce mystérieux film et surtout qui est derrière tout ça. D’autant plus que les meurtres en Normandie semblent y être liés. L’histoire de la vidéo et les corps mutilés nous plongent dans un monde de noirceur et de perversion. Outre l’enquête policière, l’histoire rend également hommage au septième art. Le cinéma et le monde des images est un des sujets centraux avec la recherche scientifique, la psychiatrie et l’histoire du Québec.

J’ai vraiment aimé assister à la rencontre entre Sharko et Hennebelle, deux écorchés de la vie, qui se donnent à fond dans leur métier, délaissant ainsi leurs vies personnelle. Ils sont tous les deux habités d’une noirceur que seule une plongée dans les profondeurs de l’âme humaine peut expliquer. Ensemble, ils font un duo très complémentaires et j’ai hâte de les retrouver dans les prochains opus, surtout après la fin que nous a réservé l’auteur.

Franck Thilliez nous fait voyager à travers la France, l’Egypte, la Belgique et le Canada avec une enquête très bien ficelée. Comme à chaque fois avec cet auteur, on sent une documentation monstrueuse derrière cette histoire. Ce roman est un vrai coup de cœur, aucune fausse note pour ma part. Thilliez a un talent fou pour narrer la noirceur et la perversité qui peut toucher notre société. Dans « Le syndrome E« , il nous plonge une nouvelle fois dans les méandres de la folie humaine avec brio !

Résumé de l’éditeur :

Un film mystérieux et malsain qui rend aveugle… Voilà de quoi gâcher les vacances de Lucie Hennebelle, lieutenant de police à Lille. Cinq cadavres retrouvés atrocement mutilés… Il n’en fallait pas plus à la Criminelle pour rappeler le commissaire Franck Sharko, en congé forcé. Deux pistes pour une seule et même affaire qui va réunir Hennebelle et Sharko. Des bidonvilles du Caire aux orphelinats du Canada, les deux nouveaux équipiers vont mettre le doigt sur un mal inconnu, d’une réalité effrayante. Ceux qui ne connaissent pas le syndrome E, ne savent pas de quoi ils sont capables…

Franck Thilliez – Le syndrome E (Editions Fleuve Noir 2010), (Pocket 2011, 2012, 2017), (Editions France Loisirs 2011)

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Seul le silence

Chronique :

Seul le silence était dans ma PAL depuis plus d’un an déjà. Je découvre donc pour la première fois R.J. Ellory, auteur britannique très célèbre. C’est parti en direction d’Augusta Falls dans l’Etat de Géorgie aux Etats-Unis. Seul le silence est narré par une seule personne – Joseph Vaughan – que l’on suivra pendant plus de 30 ans. Seul_le_silence

Seul le silence nous raconte l’histoire du jeune écrivain en herbe, Joseph Vaughan, qui en 1939 est âgé de 12 ans. Il perd son père et se retrouve seul avec sa mère dont il est très proche, dans une petite ville américaine de Géorgie, Augusta Falls. Peu de temps après une fillette est retrouvé tuée, violée et mutilée aux abords de la ville… Cette série continuera pendant des années. Des fillettes âgées entre huit et douze ans assassinées dans d’horribles circonstances. A l’heure où tout les habitants d’Augusta Falls et des comtés voisins sont effrayés par cette histoire, lui voudrait pouvoir protéger ces petites filles. Il cherchera à découvrir qui pourrait être le coupable, sans succès. Ni lui, ni le shérif de sa ville, ni les shérifs des comtés voisins, ni tout ceux qui seront appelés de tout l’état par la suite ne trouveront ce tueur qui perpétue ces atrocités. Les crimes semblent s’arrêter après le départ de son voisin Gunther Kruger, pour reprendre de plus belle dans d’autres comtés de Géorgie. Joseph cherche à tourner la page et part à 18 ans pour New-York afin de devenir écrivain… Mais rien n’est vraiment terminé, et bientôt son passé va de nouveau le rattraper… Une histoire qui le hantera toute sa vie…

Qui peut rester insensible face à cette enfance abîmée et déchirée par la mort d’un père, la guerre, un meurtrier et des désillusions en tout genre… La plume de R. J. Ellory est vraiment extraordinaire. L’auteur se place dans la peau de ce jeune homme et nous livre son histoire comme un témoignage, comme si Joseph était là et nous contait sa dramatique histoire.

Ce roman est un petit chef d’oeuvre de noirceur. Laissez-vous emporter par ce livre plein de finesse où vous allez ressentir le contraste entre la légèreté du style d’Ellory et la noirceur de ce qui est décrit. C’est splendide. Un vrai coup de cœur !

Résumé de l’éditeur :

Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l’affaire semble enfin élucidée, Joseph s’installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d’enfants se multiplient… Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, R. J. Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu’il met en jeu.

R.J. Ellory – Seul le silence (Editions Sonatine 2008), (Livre de Poche 2009, 2011), (Editions France Loisirs 2012) traduit de l’anglais par Fabrice Pointeau.

Son titre original est « A quiet belief in angels » (2007).

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Piste noire

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

Chronique :

J’avais adoré le sous-préfet Rocco Schiavone dans Maudit Printemps, c’est donc tout naturellement que j’ai voulu commencer par le premier opus de cette saga, Piste noire. C’est parti en direction de l’Italie pour le Val d’Aoste en plein hiver. piste noire manzini

C’est avec grand plaisir que je retrouve le sous-préfet Schiavone, un anti-héros aux méthodes pas toujours légales ni très orthodoxe mais très efficace qui s’obstine à porter ses Clarks par tout les temps.  Un personnage odieux, macho et sarcastique, mais tellement attachant et charismatique. Rocco a été transféré par sa hiérarchie dans le Val d’Aoste suite à un soucis à Rome. Lui qui est habitué à la vie et au soleil romain, a beaucoup de mal à s’intégrer dans sa nouvelle vie à Aoste. Il n’aime ni la neige, ni le froid, ni le ski ni la grisaille du Nord de l’Italie. Et ce qu’il n’aime vraiment pas c’est les emmerdes… Mais il va vite se retrouver avec un cadavre sur les bras. Ce dernier a été retrouvé sur une piste de ski après avoir été écrasé par une dameuse. Il va devoir enquêter sur cette tragédie qui n’est pas un accident mais bien un meurtre.

Avec Antonio Manzini on se rapproche au plus près de la réalité. Entre corruption, trafic de clandestin ou de drogue, l’auteur aborde des thèmes de société qui sont réels. Les personnages sont à la fois passionnant, marrant et charismatique. L’écriture est fluide et c’est un roman policier avec beaucoup d’humour. J’ai adoré l’ambiance montagnarde, ses paysages enneigés et ses chalets cosy.

Piste noire est un roman policier dépaysant et plein de fraîcheur. Je conseille vraiment cette série à tout le monde, je suis complètement sous le charme de Rocco Schiavone et de ses acolytes, de cette ville et de ses montagnes. Merci et bravo à Antonio Manzini, je me suis régalé.

Résumé de l’éditeur :

Séducteur, corrompu, sarcastique, Schiavone est aussi antipathique qu’attachant. Le genre de héros qu’on adore détester… Le commissaire Rocco Schiavone est romain jusqu’au bout des ongles : snob, macho et ronchon, il est doté d’un humour noir dévastateur. Muté à Champoluc dans le val d’Aoste, il vit son départ en province comme un exil. À son corps défendant, il doit quitter sa paire de Clarks adorée pour porter de répugnants après-ski et considère ses nouveaux collègues comme des ploucs.
Peu après son arrivée, on trouve le cadavre d’un homme sur une piste de ski, écrasé sous une dameuse. Accident ou meurtre? Quand le médecin légiste découvre un foulard dans la gorge de la victime, le doute n’est plus permis. Schiavone se plonge alors dans une enquête rocambolesque, freiné par son ignorance, voire son mépris, de la région et de ses usages. Mais certains habitants de cette vallée hostile et glaciale trouvent grâce à ses yeux. Notamment une habitante : la somptueuse Luisa Pec…

Antonio Manzini – Piste noire (Denoël/Sueurs froides 04/05/2015), (Editions Folio 10/03/2016) traduit de l’italien par Samuel Sfez.

Son titre original est « Pista nera » (2013).

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