Le Signe des quatre

Chronique :

Le Signe des quatre est la seconde enquête de Sherlock Holmes écrite par Arthur Conan Doyle. On y retrouve avec plaisir le duo Holmes/Watson.

9782253098126fsUne jeune femme du nom de Mary Morstan vient faire part de son problème à Holmes et lui demande de l’aide qu’il va bien entendu accepter. L’enquête sera passionnante avec une affaire de trésor perdu, un héritage, des meurtres, des disparitions. L’histoire est dépaysante et l’intrigue très originale.

Sherlock Holmes est un personnage mystérieux et attachant, qui séduit par son intelligence et son arrogance. Il possède un sens de l’analyse très développé. C’est à mon sens un personnage que tout fan de polar doit avoir lu au moins une fois. La force de ce récit réside dans l’explication du cheminement ayant conduit le coupable à commettre son crime. On connaît ainsi son histoire et ses motivations.

Arthur Conan Doyle à une méthode de narration que j’apprécie énormément et je ne peux que conseiller à tous de lire cette aventure exotique pleine de rebondissements.

Résumé de l’éditeur :

Chaque année, la jeune Mary Morstan, dont le père, officier dans l’armée des Indes, a disparu depuis longtemps, reçoit par la poste une perle. Le jour où une lettre lui fixe un mystérieux rendez-vous, elle demande au célèbre Sherlock Holmes de l’accompagner…
Cependant que le bon Dr Watson est conquis par le charme de la jeune fille, nous nous enfonçons dans une des plus ténébreuses énigmes qui aient été offertes à la sagacité du détective. L’Inde des maharajahs, le fort d’Agra cerné par les Cipayes révoltés, le bagne des îles Andaman sont le décor de l’extraordinaire aventure que Holmes va reconstituer, et qui trouvera sa conclusion dans les brouillards de la Tamise…
Une des plus fameuses aventures de Sherlock Holmes, publiée pour la première fois en 1889.

Arthur Conan Doyle – Le Signe des quatre (Le Livre de Poche 1995, 2005, 2008, 2015), traduit par Michel Landa.

Son titre original est « The sign of four » (1889).

etoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-a-moitie-pleineetoile-vide

Snjór

Chronique :

Snjór (qui signifie neige en islandais) est le premier roman de Ragnar Jónasson qui est traduit en français. Il fait partie de la série intitulée Dark Iceland. Snjór nous plonge tout droit en Islande dans une petite ville dénommée Siglufjördur. snjor

Nous allons faire la connaissance de Ari Thór, un jeune policier tout juste sorti de l’école qui va accepter son premier poste loin de Reykjavik où il réside. A Siglufjördur il va être confronté à la vie difficile de cette petite ville où l’on vit à huis clos et qui est uniquement accessible par un tunnel. A Siglufjördur la population se trouve souvent isolé à cause de la neige et des avalanches qui bloque l’accès au tunnel.

D’habitude il ne se passe jamais rien dans cette ville, mais en l’espace de quelques jours, un vieil écrivain est retrouvé mort après une chute dans le théâtre de la ville, puis une jeune femme retrouvé dans un état très critique à moitié nue dans son jardin. Ari Thór va devoir s’intégrer et faire ses preuves dans cette communauté où tout le monde connaît tout le monde. Il va devoir démêler le vrai du faux. Ce sera d’autant plus dur pour lui, car sa fiancée Kristin refuse de le suivre dans un endroit si loin et si perdu.

Le roman est bien écrit, mais l’intrigue est très lente à se mettre en place, ce qui n’est bien sûr pas nouveau pour un polar nordique. Malgré cela on se sent happé par la neige et le froid. Pour moi le point fort de ce roman est bien entendu l’atmosphère oppressante qu’il dégage, mais surtout le coté réaliste et humain des policiers. C’est un bon moment de lecture, mais je trouve que rien ne le démarque vraiment des autres auteurs nordiques.

Résumé de l’éditeur :

Siglufjördur, ville perdue au nord de l’Islande, où il neige sans discontinuer et où il ne se passe jamais rien. Ari Thór, qui vient de terminer l’école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation. Mais voilà qu’un vieil écrivain fait une chute mortelle dans un théâtre et que le corps d’une femme est retrouvé, à moitié nu, dans la neige. Pour résoudre l’enquête, Ari Thór devra démêler les mensonges et les secrets de cette petite communauté à l’apparence si tranquille.

Ragnar Jónasson – Snjór (La Martinière 12/05/2016), ( Points Policier 09/03/2017) traduit de la version anglaise d’après l’islandais par Philippe Reilly.

Son titre original est « Snjóblinda » (2010).

etoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-a-moitie-pleineetoile-vide

De cauchemar et de feu

Merci aux Editions Marabout pour cette lecture.

Chronique :

De cauchemar et de feu est déjà le 4ème opus mettant en scène le fameux capitaine Mehrlicht. Nous allons donc retrouver le capitaine et toute son équipe avec grand plaisir. Nous voici partis en direction de Paris et de Derry en Irlande du Nord. de cauchemar et de feu

Dans ce roman on est plongé au coeur même de la guerre civile et religieuse dans les années 70 en Irlande du Nord. L’auteur aborde extrêmement bien deux époques dans deux pays différents. On est complètement happé par l’histoire. Le capitaine Mehrlicht, pour ceux qui ne le connaitrait pas encore, est un homme atypique, petit, grognon et cynique , mais très attachant avec un savoir encyclopédique. Et bien sûr il est l’ennemi juré de Julien Lepers… A quelques jours du dimanche de Pâques, voici notre capitaine et son équipe, composé du lieutenant Mickael Dossantos et du lieutenant Sophie Latour, confronté au meurtre d’un homme dans un pub parisien. Bientôt d’autres victimes toutes britanniques vont suivre. A chaque fois le tueur y laisse sa signature, un bonhomme bâton et une phrase en gaélique.  A la manière du petit poucet, l’assassin sème, avec détermination et constance, comme s’il n’avait plus rien à perdre. Les enquêteurs vont se retrouver sur les chemins douloureux de l’Irlande, de l’IRA, d’un peuple déchiré. Ils vont recevoir le renfort du Superintendant Tullamore, un expert envoyé par Scotland Yard.

Le passé va également rattraper le lieutenant Dossantos, quelqu’un va s’en prendre au fiancé de Sophie Latour et le capitaine va enfin faire le deuil de sa femme. C’est un polar très engagé qui parle de choses réels qui sont malheureusement encore d’actualités. En parlant de religion, de guerre, de la folie des humains et de vengeance, ce roman nous informe, nous fait réfléchir et en même temps nous effraye,

L’auteur n’hésite pas non plus à écorcher de temps à autre, les politiciens, la police ainsi que les médias. Le style est très bon, avec beaucoup d’humour. Nicolas Lebel manie notre langue avec beaucoup de classe, dans ce roman il est à la fois, conteur et historien. L’histoire est très riche et très bien documenté, le travail de documentation est gigantesque sur cette époque, ce pays, la religion, etc…

Vous vous en doutez, c’est un roman que je vous recommande absolument. J’ai pris un énorme plaisir à le lire. C’est un gros coup de cœur. C’est très fort de pouvoir mélanger autant de sujets et garder tant de suspense à la fois.

Quel talent !  Nicolas Lebel à vraiment tout d’un grand !  Je n’ai qu’une chose à rajouter :  BRAVO et MERCI Monsieur LEBEL.

Résumé de l’éditeur :

Paris, jeudi 24 mars 2016  : à quelques jours du dimanche de Pâques, le cadavre d’un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.
À l’autopsie, on découvre sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent ses épaules  : IRA.
Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste irlandais en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. D’autant que ce conflit irlandais remonte un peu.

Dans ce quatrième opus, Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage, et revient aujourd’hui rallumer les feux de la discorde à travers la capitale.

Nicolas Lebel – De cauchemar et de feu (Marabout 03/05/2017).

etoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-pleine

Maudit printemps

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

Chronique :

Maudit printemps est déjà le 3ème opus dans lequel apparaît le sous-préfet Rocco Schiavone. Nous voilà donc embarqué pour l’Italie, direction le Val d’Aoste où même en plein mois de mai il peut neiger ! maudit printemps

L’intrigue est somme toute assez classique, une jeune lycéenne issue d’une famille bourgeoise et fortuné d’Aoste se fait kidnapper. Rocco et son équipe n’ont pas beaucoup de temps pour retrouver la jeune Chiara. Entre trahisons, recels, argents, mafias et secrets en tout genre, la tâche s’annonce difficile. Mais dans les romans de Antonio Manzini l’essentiel est ailleurs. Et l’essentiel s’appel Rocco Schiavone son personnage principal. Quel personnage d’ailleurs, désagréable, méprisant, corrompu et machiste, mais tellement attachant. Il faut dire que Rocco était commissaire à Rome, ville dont il se languit énormément, mais il a été transféré dans le Val d’Aoste, région qu’il n’aime vraiment pas.

Les descriptions des lieux sont très réussi. On se voit bien dans cette ville de 40.000 habitants en plein mois de mai pendant que tombe la neige. Je conseil cette série à tout le monde, avec Rocco Schiavone, son auteur a vraiment réussi à créer un personnage marquant et qui reste dans les mémoires.

Résumé de l’éditeur :

Chiara Breguet, héritière d’une riche famille d’industriels du Val d’Aoste, étudiante brillante admirée de ses pairs, n’a plus donné de ses nouvelles depuis plusieurs jours. Persuadé que cette disparition est inquiétante, Rocco Schiavone se lance dans une course contre la montre pour sauver la jeune femme et découvrir ce que dissimule la façade impeccable de ce milieu nanti. Pendant ce temps, la neige tombe sur Aoste en plein mois de mai, et cette météo détraquée ne fait qu’exacerber la mauvaise humeur légendaire de Rocco.

Antonio Manzini – Maudit printemps (Denoël/Sueurs froides 04/05/2017) traduit de l’italien par Samuel Sfez.

Son titre original est « Non è stagione » (2015).

etoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-a-moitie-pleineetoile-vide

Entretien avec Hervé Claude

crystal city

● Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

Je m’appelle Hervé Claude. C’est mon vrai nom… Je suis journaliste et romancier. J’ai longtemps travaillé à la télévision, notamment pour présenter le JT de France 2. Mais parallèlement j’ai toujours écrit des romans, d’abord des romans de littérature générale puis en 2000, j’ai basculé dans le roman noir.

● Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Mon premier souvenir fort de littérature c’est Agatha Christie, quant j’avais 10 ou 12 ans. C’est sans doute pourquoi, un jour, j’ai basculé dans le roman noir.

 D’où vous est venue l’envie d’écrire des romans noirs ?

Cela s’est fait à l’occasion d’un voyage en Australie. J’ai eu une idée. J’ai ensuite écrit le roman et je l’ai proposé à la Série noire. Il a été pris en huit jours. Je me suis dit qu’il fallait continuer dans ce domaine.

● Pourquoi vos romans se déroulent-ils pour la majorité en Australie ?

Et je me suis dit qu’il fallait retourner en Australie pour trouver d’autres idées. Et, depuis 15 ans maintenant j’y retourne chaque année deux ou trois mois. C’est un pays qui m’inspire. Assez proche du nôtre mais un peu plus de neuf, un peu plus moderne, beaucoup plus grand et très propice pour les histoires policières. L’Australie a un côté Far-West…

● Comment vous est venue l’idée de l’intrigue de votre dernier roman « Crystal City » ?

L’idée de Crystal City est venue en rencontrant des amis qui travaillent dans les mines. Ces mines sont très importantes pour toute l’économie de l’Australie occidentale. Elles ont fait la richesse de cette région. Mais elles ont entraîné un énorme trafic notamment de drogue. Il me semblait que j’avais là un bon sujet. D’autant que ces mines, dans l’outback, c’est-à-dire des déserts très isolés sont des lieux très étranges où les mineurs travaillent dans des conditions extrêmes.

● Comment vos personnages prennent-ils vie en général et notamment « Anthony Argos » pour « Crystal City » ?

J’ai créé Anthony Argos car j’avais quitté mon éditeur précédent (Actes Sud) et je souhaitais créer une autre série. Jusqu’à présent je n’avais jamais eu de personnage de journaliste. Cette fois je me suis lancé. Mais c’est un journaliste très différent de celui que j’ai été. C’est un pur journaliste d’investigation avec toutes ses qualités mais aussi ses défauts. C’est un emmerdeur, un pinailleur mais un gars qui ne lâche jamais le morceau.

● Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la série autour du journaliste « Anthony Argos » ?

Je ne sais pas jusqu’où j’irai avec lui. Pour l’instant j’ai prévu une trilogie. Le deuxième sortira en mars prochain et je travaille sur le troisième. Après on verra…

● Etes-vous un grand lecteur et quels sont vos modèles ?

Je lis pas mal de romans policiers, de romans noirs. Mes modèles se sont Henning Mankel ou Denis Lehanne. Ils écrivent des romans à la fois littéraires et avec des intrigues très serrées. Mais mon modèle absolu reste Patricia Highsmith.

● Quand vous commencez à écrire un roman, le dénouement est-il déjà fixé ou est ce qu’il vient au courant de l’écriture ?

En commençant à écrire un roman, je ne fais jamais de plan. Les idées, l’intrigue, doivent venir au fil de la plume. C’est cela la vraie création littéraire.

● Mettez-vous un point d’honneur à parler de la communauté gay ?

Je ne mets par un point d’honneur à parler systématiquement de la communauté gay. Simplement je me suis rendu compte qu’un personnage gay est une vraie originalité dans le roman noir. Un peu moins maintenant, moins qu’il y a 15 ans quand j’ai écrit Riches, Cruels et Fardés, mon premier publié à la série noire. En plus, cela donne un point de vue un peu décalé à l’ensemble du roman.

● Quelles sont vos autres passions ?

J’ai plein d’autres passions : le journalisme bien sûr, le cinéma, le sport, les voyages, les gens, etc. etc.

● Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Bref la vie, tout simplement !

Merci à Hervé Claude pour avoir répondu aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur et si ce n’est pas déjà fait de découvrir ses romans.

Claude-Hervé

Biographie de Hervé Claude

Hervé Claude est un journaliste et écrivain français né le 19 novembre 1945 à Paris.

Il a présenté le journal d’Antenne 2, puis France 2, de 1975 à 1994. Il travaille depuis cette date sur Arte.

Hervé Claude a écrit une dizaine de romans. « Requins et Coquins » est le deuxième dans la Série noire après « Riches, cruels et fardés ».

En septembre 2007, est sorti le dernier tome de la trilogie « Mort d’une drag-queen ». Il a aussi publié un roman noir dans la collection Suite noire sous le numéro 24 intitulé « Cocu de sac ».

Journaliste à la télévision, il travaille principalement pour Arte. Il vit plusieurs mois de l’année en Australie.

Il a à son actif une quinzaine de livres. Amoureux des auteurs anglo-saxons, il avoue sa passion pour les romans policiers de Patricia Highsmith et de Russel Banks. Côté français, il a une préférence pour Caryl Ferey, Jean-Noël Pancrazi et Jérôme Ferrari.